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Histoire
Du VRML à Shockwave 3D

L'histoire web 3D est intimement liée à celle de son format historique : le VRML. Ce langage est apparu en 1994 à la première conférence mondiale du World Wide Web (Genève). A l'origine de ce format 3D on retrouve Labyrinth (Mark Pesce & Tony Parisi & Peter Kennard) un monde VR destiné au web. La démarche de Mark Pesce et ses collègues était de proposer un langage web multi plates-formes destiné à décrire des scènes 3D. Petit à petit, et grâce à un effort constant d'ouverture et de standardisation, le VRML a fait sa place (SIGGRAPH 94, Second Web Conférence oct.1994...) et séduit de nombreuses sociétés. En 1995, le VRML 1.0 est lancé avec le soutient de Silicon Graphics (SGI), TGS, et de nombreuses sociétés.

Progressivement, les principaux acteurs du web et de la 3D ( Webspace, Netscape, Intervista, Live3D, SGI, Apple, Microsoft, IBM, Sun...) s'intéressent à ce format et proposent des browsers ou des extensions. En 1997, le VRML 2.0 nommé VRML97 est disponible il s'agit d'une mise à jour majeure qui apporte de nombreux éléments d'interactivité. En 1997, SGI et Netscape lancent Cosmo Software tandis que l'ISO certifie les spécifications VRML 97. Tout semble pour le mieux : adhésion massive des acteurs web et 3D, aucune concurrence...

Brutalement, en juillet 1998, contre toute attente, SGI abandonne le développement de son viewer CosmoSoftware. Platinum rachète CosmoSoftware, qui à son tour est englouti par Computer Associates. Cet événement est le point de départ du déclin du VRML. Et la chute se poursuit encore aujourd'hui...

Pourquoi le changement de politique de SGI va t'il affecter à ce point ce jeune langage ? D'une part parce que le produit développé par SGI était de loin le meilleur pour visionner des mondes virtuels, mais aussi par le fait que SGI affichait clairement ses inquiétudes face à ce format web 3D. C'est pourquoi la nouvelle a refroidi l'ensemble de la profession. Et après l'enthousiasme des premières années, il était grand temps de faire un premier bilan : les contenus étaient pauvres et inintéressants, les temps de chargement rédhibitoires...

Le consortium à l'origine l'origine de ce format (vrml.org ou aujourd'hui : web3d.org) n'arrive pas à digérer la crise et aucune des tentatives de nouvelles spécifications n'aboutie. En quatre ans, le développements liées à ce format se multiplient et s'éparpillent sans apporter de rélles avancées. Seuls les développements privés aboutissent : le java et les extensions produites par Blaxxun et Parallel Graphics. Le consortium tente d'ériger des spécifications stables du X3D (mariage du VRML et XML), de développer un format Rich Media et de garantir des passerelles entre le MPEG 4.0 et le VRML.

Petit à petit, le VRML est devenu un format de fichier 3D universel, à défaut d'être un format web ! La cible visée initialement a été manquée, mais le VRML profite de son implantation dans les logiciels 3D.

Face à ce constat d'échec, certaines sociétés ont développé des formats 3D propriétaires pour le web en essayant de tirer profit des erreures du VRML. Cycore et Metastream (aujourd'hui Viewpoint) ont ainsi mis sur le marché respectivement la technologie Cult3D et MTX (aujourd'hui V.E.T.). Ces sociétés ont développé une démarche de qualité. La 3D sur le web est devenue attractive, rapide et instructive.

Au Siggraph 2000, à l'apogée de la vague internet avant l'e-crash, le nombre de technologies 3D propriétaires explose. Plus de 50 nouvelles technologies sont répertoriées. Au cours de cet évènement, Macromedia annonce un nouveau standard web 3D co-développé avec Intel. L'hiver 2000-2001 fut une période intéressante : de nombreuses sociétés proposent sur leur site des objets web 3D. Une nouvelle tendance est née : la 3D devient pragmatique et essaye de devenir rentable sur le web. Constructeurs automobiles, hi-tech, aviation, e-learning : de nombreuses initiatives dans différents domaines sont lancées et font des émules. La 3D devient un élément de différenciation, de prestige, une façon de vendre mieux et plus. Malheureusement, la 3D n'échappe pas à la morosité du marché internet et du gel de nombreux investissements.

Aujourd'hui, le VRML n'est plus en haut de l'affiche, et intéresse plutôt les développeurs amateurs désirant apporter de la 3D pour le web sans devoir payer des licences onéreuses. Avec les nouveaux plug-in VRML, la qualité des rendus n'a pas à rougir face à ceux des formats propriétaires. Finalement, le VRML est une "bonne affaire" pour qui sait le maîtriser et utiliser toutes ses fonctions. Dans la confusion du marché et la multiplicité des solutions, le VRML ne doit pas être négligé. Quant au format X3D, il n'apporte que peu de nouveauté. Les efforts du Consortium à le normaliser ne changera pas grand chose face aux talents marketting de géants tels que Macromedia ou Viewpoint...

 

 
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