Une
imprimante 3D sur le bureau !
La publication
assistée par ordinateur (PAO) a révolutionné
les métiers du graphisme et de l'impression dans les
années 80 et 90. Une révolution du même
ordre se prépare dans le monde de la 3D et du design
: l'impression 3D est en passe de devenir une réalité.
Des solutions abordables voient le jour et pourraient bien
changer nos habitudes de travail.
Le
prototypage bon marché
Aujourd'hui,
pour réaliser un imprimé (plaquette publicitaire,
dépliant...) l'infographiste n'hésite pas à
imprimer plusieurs versions de son document : maquettes, épreuves
numériques, cromalins pour BAT... Dans le domaine de
la 3D, on ne peut se permettre une telle façon de travailler
! Pendant tout le processus de modélisation de l'objet,
l'infograp histe
doit se contenter de la visualisation 3D à l'écran.
En matière de design, on peut envisager la fabrication
d'un prototype après l'approbation des instances nécessaires
de l'entreprise. Les coûts de fabrication d'un prototype
sont aujourd'hui encore élevés. Réaliser
l'usinage d'un moule à partir des techniques traditionnelles
revient à 20 000€. Une fois usiné, il n'est
pas rare de rencontrer des mauvaises surprises. En effet,
c'est à ce moment là que l'on peut réellement
se rendre compte de la prise en main de l'objet et le placer
dans sa position finale (par exemple une pièce dans
un moteur). Même si les designers sont rompus avec l'affichage
3D sur des écrans, la matérialisation physique
de leurs objets est une phase qu'ils ne peuvent ignorer.
L'impression
3D sur nos bureaux
Jusqu'à
aujourd'hui, la conception assistée par ordinateur
était esclave de la visualisation 3D en raison des
coûts de prototypage. Pour offrir une aisance de travail
aux designers semblable à celle des graphistes avec
leurs imprimantes, les coûts de prototypages doivent
diminuer significativement. De nombreuses entreprises s'emploient
à réduire ces coûts en proposant des nouvelles
techniques d'usinage. La stéréolithographie
(ou photopolymérisation) est un nouveau procédés
qui utilise un laser
solidifiant une résine liquide. Les coûts
de fabrication sont alors réduits par 8 ou 10 !
Une technique semble encore plus prometteuse : l'impression
3D en couleur mis au point par Z-corporation. Le coût
de revient d'une pièce tombe à quelques dizaines
d'euro... Seul inconvénient : l'investissement pour
acquérir une telle machine (la Z406 est proposée
à 100 000€). Mais ces prix risquent de chuter
dans un très proche avenir, car leur principe de fonctionnement
ressemble fortement à celui des imprimantes jet d'encre
actuelles.. Roland, bien connu pour ces offsets et scanners
pro, propose un scanner/fraiseuse 3D de bureau pour 3000€.
Vers
une nouvelle façon de modéliser
Aujourd'hui,
on ne mesure pas encore les champs d'application de l'impression
3D bon marché. Une chose est sure : les designers pourront
réaliser des essais multiples, commercialiser des petites
séries... La modélisation 3D va certainement
profiter des atouts de l'impression 3D. L'infographiste pourra
imprimer ses modèles réalisés sous Max
afin de se rendre parfaitement compte de la réalité
de ses créations. On peut aussi imaginer des interfaces
plus élaborées entre l'imprimante 3D et l'infographiste
: pouvoir en temps réel creuser (avec une imprimante
type fraiseuse) un objet et lui donner vie tel un sculpteur
!
La généralisation
des imprimantes 3D peut avoir de conséquences insoupçonnées
pour le grand public. Dans quelques années, il sera
par exemple possible de commander le modèle géométrique
d'un vase directement sur le site internet d'un designer afin
de l'imprimer chez soi au nombre d'exemplaires voulu... Fiction
ou réalité ? A en juger par l'étroite
collaboration entre HP et Z-corporation, ces technologies
pourraient réellement devenir accessible plus rapidement
que l'on ne pense...
Et
Aujourd'hui ?
Malheureusement,
il n'existe pas encore aujourd'hui de "copy services
3D" ou vous pouvez réaliser
une impression d'un de vos modèle 3D préféré
(afin d'obtenir un porte-clés, une figurine, un prototype,
une maquette, une gravure, une sculpture...). Certaines sociétés,
qui possèdent des solutions de prototypage peuvent
usiner vos modèles. Pour un modèle sans couleur,
il faut généralement fournir un fichier STL
(Stéréolitho). La plupart des softs 3D sont
capables de générer ce format polygonal. Pour
éviter que le modèle final laisse apparaître
de nombreuses facettes, veillez à fournir un fichier
très détaillé : 100 000 polygones
est un minimum pour un modèle de 20 cm3. Certaines
machines peuvent interpréter le format IGES gérant
les Splines et les NURBS pour de meilleurs résultats.
Attention cependant, les machines de type fraiseuses ne sont
pas capables d'usiner toutes les formes (par exemple pour
creuser la cavité d'une bouche, la tête de la
fraiseuse va abîmer le contour des lèvres).
L'imprimante
de Z-Corporation accepte les fichiers VRML avec textures pour
l'impression 3D et autorise n'importe quelle forme. L'impression
dure quelques heures (en fonction du volume de la pièce
finale). Malheureusement une telle imprimante n'existe pas
encore en France. Vous pouvez cependant profiter de l'offre
d'essais du constructeur (impression d'un modèle gratuit,
format STL, 1 couleur). Avec de telles impression 3D, vos
modèles 3D quittent enfin l'écran de l'ordinateur
pour vous accompagner partout !
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