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A propos des outils de développement...
Mai 2002

Photoshop 7.0/Flash MX :
et la 3D ?

A chaque nouvelle version d'un soft, le discours de la presse est souvent le même : améliorations, nouvelles fonctions, nouvelle interface... La lecture de ses articles entraînent un seul réflexe : upgrader. Car tout d'un coup, le soft que l'on avait l'habitude d'utiliser quotidiennement semble lent, inefficace, buggé... presqu'obsolète. On commande alors la mise à jour. Mais la nouvelle version tant adulée aujourd'hui sera sans aucun doute lapidée dès la prochaine mouture. Et personne ne semble gêné par ce cycle imperturbable. Les logiciels évoluent, les interfaces se rationalisent (ou suivent les tendances) mais combien de nouvelles fonctions réellement innovantes vont améliorer les méthodes de travail ? Parfois, l'utilisateur n'achète qu'une version plus stable, moins buggée ou relookée pour un nouveau OS. Si les éditeurs avaient la conscience du travail bien fait ces "logiciels patch" n'existeraient pas, et dans le pire des cas ils devraient être gratuit !

Prenons par exemple le cas de Flash MX et Photoshop 7.0. Certes ces softs constituent une avancée en intégrant ou en corrigeant certaines fonctions, mais ils ignorent toujours les exigences de certains utilisateurs. En particuliers les infographistes 3D ou webmasters. Par exemple, Photoshop est utilisé depuis plusieurs années par les infographistes pour concevoir des textures en vue d'habiller des modèles 3D. Mais relativement peu d'efforts ont été réalisés pour seconder les utilisateurs dans cette tâche. Or le tandem 3DS Max/Photoshop (ou Maya/Photoshop) fait parti des outils de base. Dans le domaine de la 3D, Photoshop ne fait que le minimum, l'utilisateur doit faire preuve d'ingéniosité pour jongler avec les coordonnées de texture (Unwrap), le positionnement des éléments... Photoshop reste inflexible, à vous de vous adapter ! Or les possibilités d'évolution du logiciel d'Adobe sont immenses dans le domaine du traitement de l'image pour la 3D (calques, 3D painting, Pixel3D ou Voxel...).

En ce qui concerne Flash MX, Macromedia a pris le risque de décevoir ses utilisateurs en n'intégrant pas la 3D. Pourtant les webmasters essayent par tous les moyens d'afficher des modèles 3D avec Flash. Le marché de la conversion vectorielle (Swift, Vecta3D...) bât son plein à défaut d'avoir de la véritable 3D dans Flash. Macromedia a préféré intégrer la 3D dans Shockwave afin de rajeunir son vieillissant Director.

Adobe et Macromedia ont, à n'en pas douter, une explication : Photoshop vise le marché de l'impression et du web, tandis que Flash est un outil d'animation vectorielle 2D pour le web. Certes. Mais aujourd'hui la 3D s'infiltre malgré tout ! Combien d'utilisateurs utilisent Photoshop conjointement avec un modeleur ? Qui n'a jamais voulu intégrer des graphismes 3D dans une anim. Flash ? Adobe et Macromedia sont respectivement avec ces deux produits leader du marché, c'est pourquoi ils se désintéresse complètement des ces utilisateurs-là. Leur position monopolistique induit un réflexe de sécurité de la part de ces deux éditeurs et une politique conservatrice. A ce propos, un article très intéressant de Cnet traite de l'attitude passive de certains géants (Microsoft) face à la 3D pour le web et plus généralement sur l'intégration des standards : http://news.zdnet.co.uk/story/0,,t269-s2105088,00.html . En revanche, dans des domaines à forte concurrence, ces mêmes éditeurs font preuve de réactivité. Par exemple, sur le marché du compositing Adobe a su implanter énergiquement la 3D au sein d'After Effects. Les outils de compositing s'intègrent aux processus de conception en aval du soft 3D. Par contre, Adobe aurait du profiter de la demande en matière de 3D pour Flash pour injecter la 3D dans Live Motion 2.0. A croire que les éditeurs ont perdu le sens de l'inovation... Ils trainent le pied pour faire évoluer leurs logiciels et intègrent le strict nécessaire pour rester dans la course et susciter l'achat.

L'impression de monopole procurée par Photoshop ou Flash pourrait bien se transformer en une "course à rattraper le temps perdu". En effet, des outils comme DeepPaint, BodyPaint, Z-Brush s'implantent sérieusement dans le domaine des textures. Et Flash pourrait bien devenir qu'un élément animé dans un modèle 3D (Viewpoint et Parallel Graphics permettent d'afficher des textures Flash) ! En informatique, les monopoles inébranlables n'existent pas, et malgré ses 18 années de loyaux services, Photoshop tarde à évoluer réellement. Même au niveau de l'export 2D web la nouvelle version de Photoshop n'apporte pas grand chose (alors que l'éditeur pourrait se positionner par rapport au JPEG 2000 par exemple). On ne peut prétendre ignorer les évolutions des graphismes et des méthodes de travail, lorsqu'on est éditeur. Et vouloir restreindre coûte que coûte ses outils à la 2D est de nature à décevoir une bonne partie des utilisateurs. Photoshop a déjà dans le passé évolué : à la base 100% bitmap, il est aujourd'hui doté de fonctions vectorielles évoluées. Flash quant à lui, a su ouvrir son outil à la vidéo. Mais la 3D semble une marche infranchissable. Le clivage 2D/3D a t-il toujours raison d'être ? Peut-être que les éditeurs ont peur de dénaturer leurs produits ou de perturber leurs fidèles clients !

En ce qui nous concerne, nous sommes persuadés que l'évolution de ces deux logiciels passe par une ouverture vers la 3D. Nous verrons si l'avenir nous donnera raison, en tout cas la prophétie que nous avions "publié" il y a plus d'un an, à propos de l'évolution indispensable des softs 3D pour le marché web 3D s'est vérifiée :

Les softs qui apportent les lettres
de noblesse au marché web 3D.

Discreet et Alias!Wavefront croient au marché 3D temps réel pour le web. Même si de nombreuses questions subsistent sur le marché web 3d, l'horizon s'éclaircit progressivement. Avec une baisse de prix de 70% Maya devient accessible à un plus grand nombre d'utilisateurs et les web agency peuvent désormais envisager cet investissement, d'autant plus que le nombre d'infographistes formés sur cet environnement devrait également croître (Alias a une politique très favorable envers les étudiants). Discreet avec son nouveau produit Plasma (qui reprend le nom de code de 3DS Max 4.0) signe un produit 100% web 3d au tarif très agressif. Ce produit se rapproche de Maya RTA dans le sens qu'il est destiné au format web 3d de Macromedia.

Désormais, le prix et la qualité des logiciels 3D pour le web ne devraient plus constituer un frein. Bien au contraire ! Ils pourraient même susciter de nouveaux besoins. Reste que le choix de Macromedia Shockwave 3D reste assez discutable. En effet, le format web3d de l'éditeur californien reste peu adapté aux connexions 56K, qui rappelons-le constituent la majorité des connexions en Europe tout comme en Amérique du Nord. Un plug-in de près de 5 Mo, des fichiers 3D assez lourds... Les temps d'attente préliminaires à la consultation d'animations Shockwave 3D pourraient décourager certains internautes.

C'est pour cette raison, que les autres technologies web 3D ne doivent pas se sentir nécessairement lésées par l'absence de support direct de la part de Discreet et d'Alias!Wavefront. Elles devront certainement modifier en profondeur leurs outils de développement pour rester dans la course. Les technologies reposant sur la saisie de code ou sur des interfaces exotiques devront revoir leur copie... C'est pourquoi il est fort à parier que de nombreux éditeurs risquent de jeter l'éponge, face aux géants que sont Macromedia (soutenu par Intel dans le domaine de la 3D temps réel), Alias!Wavefront et Discreet. Les technologies Cult3D et VET n'ont pour l'instant pas de soucis à se faire, mais la pression exercée par Shockwave 3D ne peut-être ignorée. En effet si Macromedia continue ses efforts dans le domaine de la qualité du rendu (l'éditeur a déjà rajouté l'antialiasing), il est fort probable que Shockwave 3D devienne une technologie e-commerce sur laquelle on peut compter. Enfin, en ce qui concerne les alliances, Cycore et Viewpoint s'en sortent assez bien : la technologie web 3D de Cycore a été choisie par Autodesk/Discreet (VIZ 4.0) et Viewpoint a des alliés de choix (Adobe, AOL, Computer Associates...).

C'est au niveau des outils de développement
que la bataille fait rage actuellement :
Shockwave 3D a une très nette longueur
d'avance dans ce domaine.

Finalement ces deux annonces (baisse de prix de Maya et Plasma) sont une excellente chose : elles crédibilisent le marché web 3D. Ce marché entre dans une nouvelle phase, plus professionnelle et organisée, grâce à l'implication réelle d'acteurs majeurs. Plus personne ne peut affirmer que la 3D n'est pas adaptée au web. Désormais et plus que jamais, la balle est dans le camps des créatifs et décideurs qui devront faire le choix de la 3D.

 

 
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