3D-Web
Bilan & Perspectives (XII)
Décembre 2002
- Janvier 2003
Certains
auront trouvé l'année 2002 décevante,
d'autres n'auront pas manqué de relever des signes
encourageants montrant les prémisses d'une certaine
maturité du marché web 3d. Voici les 5 éléments
marquants de 2002 :
L'écatombe
Si le
début de l'année 2002 a été plutôt
calme c'est parce que l'on a volontairement occulté
les nombreuses cessation d'activité chez les éditeurs
de technologie web3d. Morts ou plongés dans un profond
coma, des dizaines d'éditeurs ont déserté
le marché. Ces éditeurs laissent des sites internet
inanimés, des technologies privées d'évolutions
et des utilisateurs bien embarrassés. Nous ne pouvons
aujourd'hui dresser la liste exacte de ces éditeurs
: car il est difficile de connaître réellement
l'état de ces compagnies, sans compter les nombreuses
rumeurs invérifiables qui circulent ! Les utilisateurs
ne sont pas dupent et apportent peu de crédit à
un éditeur mal en point. Nombreuses sont les technologiescondamnées
à l'errance.
Cette
situation était inévitable : dans la jungle
des technologies web 3d qui comptait 70 technos dans son apogée,
le défrichage était salutaire. Cette mort programmée
ne s'est pas faite selon des critères technologiques,
mais sur la réussite commerciale. Nous ne pouvons que
nous attrister devant ces multiples arrêts : par exemple,
la technologie 3dsnet particulièrement prometteuse
a semble-t-il cessé, idem pour 3danywhere dont le site
est en standby depuis de longs mois sans compter les technologies
que nous n'avons pas eu le temps de tester (visviva 3d, 2000
cities...). Même les grands éditeurs ont été
frappés : Blaxxun a cessé ses activités
(la technologie Contact continue cependant son développement
sous le label Bitmanagement) et Cryo Networks s'est résolu
à placer la technologie SCOL en Open Source. N'oublions
pas non plus Atmosphere d'Adobe qui brille par son absence
(bientôt deux ans après son annonce...) et le
MPEG 4 qui renit ses prétentions dans le domaine de
la 3D.
Les ténors
de la 3d pour le web ne peuvent pas non plus considérer
2002 comme un grand cru. Cult3d, Macromedia, Viewpoint, Virtools
et Wildtangent se sont maintenus sans plus. Cette année
2002 n'aurra certainement pas marqué par le dynamisme
des éditeurs web 3d qui ont préférés
la politique de l'autruche.
De
rares réussites
Soulignons
malgré tout de rares réussites. Tout d'abord
l'éditeur Kaon a qui l'on doit l'applet Java Activate
3D ! L'éditeur américain a su séduire
: Dell, Palm, Samsung, Nintendo, Sony, Cisco, Saab, Ricoh,
Lexmark, Nike, Philips, Casio, Panasonic... Un tel carnet
de clients n'est pas le fruit du hasard et montre bien la
pertinence de Java pour mettre en scène des animations
3D e-commerce. Les efforts de Kaon ont semble t-il porté
leurs fruits : qualité constante des contenus et absence
de plugin. L'ombre que faisait planer Microsoft sur l'avenir
de Java semble dissipée puisque le géant américain
a du ré-introduire "de force" Java au sein
de Windows XP, après un an d'infidélité.
Viewpoint
a su également tirer son épingle du jeu : le
plugin continu d'évoluer en fonctionnalités.
La maîtrise technologique de l'éditeur New Yorkais
n'est plus à démontrer et l'aisance avec laquelle
les animations Viewpoint traitent le flash doit provoquer
des crises d'urtiquaires aux responsables de Macromedia !
Heureusement, l'éditeur de San Francisco conserve de
nombreux atouts et son mode de distribution a permis de remporter
un franc succès auprès des développeurs.
Sur ce plan, Shockwave 3D met KO Viewpoint !
Discreet
lance un produit dédié web3d : Plasma
S'il fallait
retenir un produit dans le secteur web3d en 2002 ce serait
certainement Plasma. Plasma n'est autre qu'une version de
3ds Max optimisé pour la 3D sur le web. Le nouveau
soft de Discreet est compatible avec les formats web de Macromedia
(Flash et Shockwave 3D) et conserve son export VRML. Certains
éditeurs proposent des plugins pour Plasma, c'est le
cas de Cycore. Il est encore bien difficile de prédire
l'avenir de Plasma, mais ce nouveau produit marque l'intérêt
que porte les géants de la 3D aux animations temps
réel pour le web. AliaslWavefront est également
présent sur ce secteur puisque l'éditeur canadien
propose une extension à Maya pour produire des séquences
Shockwave 3D interactives (Maya RTA).
La
tendance 2002 : nVidia avec Cg
La 3D
s'oriente inéluctablement vers l'accélération
hardware. Ce qui était hier impossible sur des stations
de travail fort coûteuses est aujourd'hui possible avec
un PC de base ! Ce qui était hier possible en pré-calculé
sera possible demain en 3D temps réel ! nVidia se donne
les moyens de réaliser cette prouesse lui emboite le
pas éditeurs (AliaslWavefront, Discreet, Softimage)
en apportant les outils nécessaires à cette
transformation. nVidia est à l'origine d'un langage
de haut niveau pour la gestion des Shaders (HLSL, le langage
cG est intégré à DirectX 9). Au final,
la qualité visuelle des applications temps réel
devrait augmenter sensiblement. Nos tests portant sur des
cartes graphiques professionnelles montrent cependant que
les meilleurs chips 3D actuels ne sont pas encore suffisamment
puissants pour afficher confortablement des scènes
CAD lourdes en polygones. Cette obcession des effets spéciaux
3D ne devrait pas faire oublier aux constructeurs de cartes
graphiques la réalité des conditions de travail
des postes de CAO, des designers et inforgraphistes 3D. Lorsqu'une
scène rame en ombrage de gouraud, nul n'est besoin
de lui appliquer des effets !
Face à
cette tendance de l'accélération hardware, les
technologies 100% logicielles (Java, Viewpoint) se sont paradoxalement
bien comportées en 2002. Reste à voir comment
ces technologies vont se développer face aux ténors
que sont Direct X et nVidia...
2003
: un renouveau technologique et fonctionnel ?
Globalement,
l'année 2002 a été décevante en
terme d'inovation. Les éditeurs ont semble t-il déjà
beaucoup de mal à se maintenir, c'est pourquoi le département
recherche et développement a été délaissé.
C'est une situation crittique, car actuellement - à
part Shockwave 3D et Virtools - l'environnement de développement
des technologies web 3D est pauvre. Beaucoup de travail reste
à accomplir en terme de richesse fonctionnelle, de
connectivité, et d'outils de développement.
Ce n'est pas parce que cela "marche" pour une démo,
qu'une technologie est bonne. Aujourd'hui les utilisateurs
réclament des outils dignes de ce nom.
C'est
dans ce contexte fragile qu'évolue la 3D pour le web
qui s'ouvre de plus en plus vers le marché de la 3D
temps réel (on line ou offline) avec des technologies
très puissantes à mi-chemin entre l'outil de
visualisation et le moteur 3d pour le jeu : Quest3D, Mad F/X,
Nova... Il y a quelques années, tout le monde prédisait
un développement rapide des solutions web 3d. Aujourd'hui,
il semblerait que les applications 3d temps réel -
pas forcemment ouvertes sur le web - soient promises à
un bel avenir, car elles permettent aux industriels de concevoir
des outils nouveaux avec un ROI rapide. En fait, la 3d temps
réel va prendre des parts de la 3d pré-calculée
et developper des nouveaux outils originaux.
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