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3D-Web Bilan & Perspectives (XVII)
Octobre - Novembre 2003

La sécurité des données 3D

Avec Raider-3D, Okyz joue les troubles faits dans le domaine de la sécurité des données. Habituellement, la sécurité des contenus 3D repose sur des procédures propres aux données informatiques : cryptage, compression destructrice, gestion des droits... Ces techniques s'ajoutent aux mesures de bon sens lorsqu'il s'agit de données industrielles vitales pour l'entreprise. Même si aucun éditeur ne peut se vanter d'avoir mis au point des solutions infaibles, nombre d'entre eux mettent en avant les aspects sécuritaires de leurs produits. C'est le cas nottamment de Bit Management qui a intégré des algorithmes de cryptages pour éviter le pillage des contenus VRML (que l'on pouvait alors importer trop facilement dans la plupart des softs 3D). C'est le cas également de Cycore qui dispose d'un format de fichier dédié à la publication et qui ne peut être re-exploité. Avec Raider-3D qui interprète les instructions envoyées à la carte graphique toutes ces protections vollent en éclat. L'idée d'Okyz - réaliser un reverse engineering sur le plus petit dénominateur commun (ici les librairies 3D OpenGL/DirectX) - est à la fois simple et géniale. Okyz met "la capture 3D" à portée de la main. Pour voir les implications de ce procédès, on peut faire un parallèle avec la capture d'écran 2D. Le fait de pouvoir enregistrer n'importe quelle image d'un document a entraîné de nouvelles protections : le watermark, le blocage de la capture de vidéos... En fait, la capture 2D a simplifié des pratiques qui existaient depuis longtemps : acquisition par numérisation, prise de photos d'écran... La capture 3D, en revanche ne peut être réalisée simplement (on peut bien sûr enregistrer un film ou des images d'une animation 3D, mais on perd l'avantage de l'interactivité). Ce que propose Okyz se différencie également de la 2D, dans le sens que l'on ne peut pas importer une capture 3D dans n'importe quelle application 3D. Okyz ne propose - à l'heure actuelle - que son format de fichier propriétaire et ses outils de visualisation associés.

La question de confidentialité et de protection des données est souvent mal posée. En fait, ce que l'on capture à l'aide de Raider 3D est une visualisation triangulée d'un modèle CAD qui est infiniment pauvre comparée au modèle original. Impossible d'usiner un tel modèle ! Il ne convient qu'à certains besoins de visualisation et d'échanges. Dès lors, la visualisation 3D est comparable à une esquisse ou une photo. Rares sont les cas où une simple visu 3D représente une menace (en terme d'espionage industriel). En outre, les flux empruntés par les modèles 3D sont des risques beaucoup plus préocupants : échanges de données dans différents services de l'entreprise, entre les prestataires, moyens de stockage, protection des stations de travail... Dans le domaine de la 3D temps réel (jeux vidéo, web3D), le danger est plus grand et l'on peut craindre certains pillages (récupérer des modèles d'un jeux vidéo...).

Avec ce nouvel outil, on peut dire que les outils de cryptages de données 3D (en visu OpenGL) sont pratiquement caducs de par l'action de Raider 3D. En revanche, les moteurs 3D qui n'adressent pas les libriaries OpenGL ou DirectX (les moteurs 3D software) conservent un avantage en matière de protection (Applet Java, Viewpoint).

VRML / X3D / MPEG 4.0 : jonglage entre plugins

Le format X3D continue sa lente progression, et trois acteurs (en attendant Parallel Graphics) se partagent le marché des plugins compatibles X3D : Flux, BS Contact et Octagon Player. Pour l'utilisateur, cette situation est source de problèmes : en effet, lorsque le plugin n'est pas spécifié dans le code html, c'est le dernier plugin installé qui interprète le contenu. Cela provoque des problèmes d'affichage étant donné les spécificités de chacun des plugin. Ces incompatibilités existent non seulement avec le VRML (nodes/proto propriétaires) mais aussi avec le MPEG 4, ce qui s'avère plus grâve étant donné les ambitions de ce format en terme de standardisation. Le MPEG 4 3D reste un format mal défini et dont la syntaxe diffère entre les différents players. Cette situation laisse présager des problèmatiques lors de la conception de puces 3D dédiées à la décompression du flux MPEG 4 Vidéo/BIFS/3D (constructeurs : prière de prévoir le flashage des roms...).

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