3D-Web
Bilan & Perspectives (III)
Mai 2001
Le
marché web 3D évolue rapidement. Il y a un mois,
nous apprenions l'implication d'Adobe et de Macromedia. Avec
le recul, il semble que cette annonce soit le point de départ
d'une nouvelle image de la 3D auprès des décideurs.
La 3D sort de son carcan élitiste et s'immisce au coeur
des projets de boutiques en ligne. L'image du simple gadget
qui collait à la peau des démonstrations technologiques
semble oubliée.
Les
prochaines évolutions technologiques
Le
principal axe d'évolution des technologies 3D web est
certainement une meilleure intégration au site internet.
Aujourd'hui, on demande aux avatars 3D de réagir et
de dialoguer en fonction de nos actions, on souhaite que l'objet
3D soit inclus dans un environnement Rich Media, qu'il puisse
recevoir des informations en provenance d'une base de données
(exemples : différentes textures stockées dans
une base de données). Pour que cette intégration
soit efficace, les technologies 3D doivent encore évoluer.
Viewpoint
nous montre avec sa nouvelle version (bêta) un aperçu
de nouvelles fonctionnalités fondamentales. Viewpoint
est passé maître de l'incrustation : non seulement
l'objet 3D peut couvrir une image ou un texte, mais aussi
des animations flash. Viewpoint parvient même à
intégrer du contenu Flash comme texture ! Incroyable
! Fini les textures sans vie et inertes ! Il s'agit
d'une fonction qui va enrichir les contenus 3D. Imaginez des
notepad en 3D dont l'écran affiche toutes les modifications
saisies par l'utilisateur ! WireFusion propose aussi de telles
possibilités.
Un autre
axe de développement sera certainement la compression
des données 3D. Les techniques de compression actuelles
permettent de réduire la géométrie des
objets 3D de 75% environ sans pertes notables. Avec le support
de plusieurs techniques de constructions (Subdivision de surfaces,
Nurbs,
Bspline...) les plug-ins nécessiteront moins d'informations
qu'avec une desciption polygonale de objets. 3Space de TGS
a une nette avance dans ce domaine. Les outils de réduction
de polygones doivent eux aussi évoluer et devenir encore
plus intelligent. Des recherches universitaires ont mis en
évidence de nouveaux langages de descriptions géométriques
particulièrement puissants*. Par ailleurs, la 3D bénéficiera
certainement des nouveau formats compressés d'images
tels que le JPEG 2000.
Le bon
sens voudrait que les plug-ins soient plus optimisés
et donc plus légers afin de passer quasi inaperçus.
Mais la tendance inverse est plus probable : en intégrant
toujours plus de fonctionalités afin de devenir polyvalent,
les plug-ins deviennent de véritables usines à
gaz ! Au delà de 1,5 Mo, les internautes hésitent
à télécharger un plug-in. L'autre tendance
est l'intégration de fonctions 3D dans les players
vidéo : Quicktime supporte Pulse (il faut télécharger
l'option), RealNetworks devrait aussi s'enrichir de fonctions
3D (avec realarcade). Quant à Media Player de Microsoft,
aucune annonce n'a été faite. A croire que le
lancement de leur première console semble accaparer
toutes le ressources de l'éditeur ! Mais il est fort
probable que Microsoft s'allie à d'autres technologies
(qui a dit Wildtangent ?). En tout cas, à défaut
d'être intégrées au navigateur, les technologies
3D se rapprochent des players vidéo web.
Les fonctions
des logiciels de création 3D devront être mieux
respectées à l'avenir : de nombreuses technologies
ignorent certains réglages de base (notamment dans
les textures). Le développement d'objets 3D s'apparente
plus à du bidouillage. Un "lapsus" révélateur
: pratiquement aucun logiciel livré par les éditeurs
de technologies 3D ne gère le Control Z (l'annulation
de la dernière opération)... Dans un contexte
d'ouverture du marché et l'intégration massive
d'objets 3D, les logiciels actuels sont généralement
inadaptés à un flux de travail continu et productif.
L'arrivée d'Adobe et de Macromedia devrait pouvoir
rapidement inverser la tendance.
Les
Boutiques en ligne
Il y
a quelques mois, les sites de vente en ligne paraissaient
septiques quant au rôle des objets 3D. La tendance actuelle
a changé*. Non seulement ces sites voient dans la 3D
un moyen de se différencier de la concurrence, mais
aussi un outil commercial performant. Rapidement,
l'argument de différenciation ne sera plus d'actualité
: car beaucoup de sites prévoient le déploiement
d'objets 3D ! Les internautes y ont pris aussi goût
: ils réclament à 65%* l'utilisation d'objets
3D dans les boutiques en ligne ! Mais comment intégrer
les objets 3D à un catalogue de vente en ligne ? Compte
tenu des coups de création, il est fort probable qu'une
faible partie des objets bénéficient d'une représentation
3D. Et comment intégrer ses modèles dans une
base de données ? Rue du commerce a été
l'un des premier à intégrer des objets 3D dans
son site, mais la communication autour de cette fonctionalité
s'est rapidement effacée. La durée de vie d'un
produit informatique est relativement courte face au coûts
et aux temps de développements 3D. Aujourd'hui, la
3D est souvent maladroitement intégrée aux sites
et se voie reléguée au rang de "goodies"
ou "bonus". La multiplication des plug-ins et des
temps de chargement, renforcent cette marginalisation. Le
principal problème n'est finalement pas de créer
des contenus 3D, mais de les intégrer dans l'existant
et de les valoriser. Les idées reçues voudraient
que le simple fait de placer des objets 3D sur un site suffise
pour doper les ventes...
Dans le
cadre des avatars, la situation est différente car
le personnage 3D a pour rôle principal "d'humaniser"
l'interface web. Des technologies comme Pulse, QedSoft ou
Living Actor permettent de présenter des avatars réalistes
qui réagissent en fonction des actions de l'internaute.
Il peut l'aider, présenter des rubriques... L'avatar
devient l'intermédiaire idéal entre l'internaute
et le site. L'incrustation sur du contenu HTML renforce cette
impression.
Les mondes
virtuels bénéficient d'un avantage historique
indéniable (VRML). Mais ils restent décevant
en regard de la lenteur d'affichage. Malgré tout, le
grand publique reste attiré par cet aspect de la 3D.
Afficher un monde virtuel complet reste encore utopique :
le téléchargement d'un simple objet isolé
ne passe déjà pas inaperçu, alors un
monde complet... L'avenir de ce secteur passera par des technologies
comme Virtools qui permet de paramètrer le niveau de
détail de chaque objet et de compresser les informations.
Peut-on
réaliser des investissement durables dans ce secteur
?
Le marché
"3D Examine" (objets 3D pour l'e-commerce) semble
aujourd'hui le plus porteur : le développement de contenus
est relativement simple et de nombreuses technologies stables
peuvent être déplo yées.
Mais ce calme apparent ne doit pas cacher de profondes incertitudes
: ce secteur très jeune et concurrentiel est marqué
par des évolutions soudaines. Dès qu'une technologie
propose de nouvelles fonctionalités, les autres semblent
désuètes, d'où de multitudes mises à
jour, ou patchs. Tout cela au prix de la stabilité
et des investissements consentis...
Ensuite
vient le problème de la rentabilité de l'utilisation
d'une technologie 3D. Si l'impact sur l'image de marque est
difficilement quantifiable, l'augmentation des ventes devrait
être plus facile à chiffrer. On parle de 15%
de ventes en plus mais surtout près de 60% de retour
produit en moins. Ces chiffres ont de quoi rassurer les investisseurs.
Mais dans un contexte où tous les site proposeraient
l'affichage 3D, ces chiffres n'aurraient plus aucun sens.
Le maître
mot dans tout projet 3D est l'adaptabilité. Demain,
il faudra en effet que la technologie que vous utilisez soit
facilement portable vers d'autres supports.
*sources
:
langage SGDL - sdgl-sys.com.
Sondage mené par 3d-test auprès de sites de
vente en ligne.
Sondage mené par 3d-test auprès de ses visiteurs.
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