3D-Web
Bilan & Perspectives (IX)
Juin - Juillet 2002
Nostalgie
Depuis
son existence, 3d-test explore le net à la recherche
de technos ou de contenus web3D. Si de temps en temps nous
dénichons de nouvelles technologies, nous restons muets
sur celles qui disparaissent. Pourtant, ce n'est pas sans
une certaine compassion et un certain regret que l'on voit
des technologies 3D prometteuses tirer leur révérence.
Elles partent dans l'oubli, dissoutes dans la morosité
du marché qui les a vu naître. Les élans
créatifs de ces "jeunes pousses" se sont
brisés le nez, faute de client, faute de marché.
Trop tôt, trop tard, pas assez performant ? Nous assistons
à ce "dégraissage conjoncturel" impuissament,
tant leur mort était programmée. Sur la soixantaine
de technologies relatées par 3d-test combien réussissent
sur le plan financier ? Une petite poignée ?
Certaines
technologies s'effacent dans l'indifférence totale,
tandis que d'autres suscitent un regain d'intérêt
de ses utilisateurs : Blaxxun 3D et Blender 3D. Malheureusement,
le marché web ne peut accueillir une infinité
de technologies. Malgré ce recentrage inéluctable
des technologies web 3D, nous aimons à penser que le
marché web 3D continuera à être complexe
et diversifié. Car chacun a sa chance !
La
fuite en avant ! Objectif : les appareils sans fils
Actuellement,
la tendance perceptible est l'orientation vers le marché
du sans fil (voir notre dossier
"mobiles 3D" 10.2002). Une nouvelle manne où
l'on parle de demandes, de contrats, de perspectives. Or tout
n'est pas rose dans le domaine des équipements embarqués
: la téléphonie portable subie des crises à
répétition qui se traduisent par des licenciements
par milliers. Les espérances des éditeurs web
3D ont subit un tel revers sur le marché web, qu'elles
cherchent à tout prix de nouveaux débouchés.
Espérons que ces espoirs soient récompensés,
mais ne soyons pas dupe : il n'y aura pas de place pour tout
le monde ! Superscape (avec ARM) occupe le terrain depuis
plusieurs mois, tandis que les technos 3D en Java sont facilement
adaptables sur les mobiles disposant de JVM (Java Virtual
Machine). Les technologies ActiveX leur emboîtent le
pas (leur portage sur Windows Pocket est assez simple). Parions
que les annonces de solutions web 3D pour les mobiles se multiplieront
dans les mois à venir ! Les constructeurs de carte
graphique annoncent également des puces 3D pour ce
type d'appareils.
Dans le
domaine du sans fil, la 3D joue au coude à coude avec
la vidéo. A la clé : des applications révolutionnaire
- nous promet-on - qui vont doper le secteur du sans fil.
Le "téléphone vidéo" sera t-il
vidéo ou 3D ? En effet, la 3D permet de créer
un avatar réaliste auquel on peut attribuer des mouvements
de lèvres en fonction des données sonores. Les
atouts de la 3D semblent relativement maigres comparé
à ceux de la vidéo qui bénéficie
d'une implantation matérielle idéale dans les
portables nouvelle génération : compression/décompression
MPEG4 ou équivalent, débits adaptés à
la vidéo, faible taille de l'écran. La seule
application 3D aux perspectives réalistes à
court terme reste le jeu vidéo. Une "Game Boy
Advance" dans son téléphone portable ou
PDA ? Pourquoi pas !
Le
Siggraph 2002
Traditionnellement,
le Siggraph est le prétexte à une débauche
d'annonces. Les éditeurs profitent de cet événement
pour lancer de nouveaux produits et de parler des développements
futures. Mais attention : "l'effet d'annonce" n'est
pas toujours suivit des faits ! Cette année, le secteur
web 3D sera peu représenté (beaucoup d'éditeurs
importants n'auront même pas de stand, ce qui ne veut
pas dire que l'on ne les rencontrera pas dans les allées
!).
Plasma
C'est
à n'y rien comprendre : alors que Plasma a pour objectif
d'évangéliser la 3D pour le web, la plupart
des professionnels du secteur lui réserve un accueil
pour le moins mitigé. Certains le désapprouve,
sans même le connaître. Quelques précisions
s'imposent donc :
-Plasma n'est pas un plugin web3D
-Plasma ne permet pas de définir des interactions (mis
à part les helpers VRML97/physique Havok)
-Plasma exporte vers les formats web suivants : Flash, Shockwave
3D et Viewpoint (à confirmer).
-Plasma est une version "allégée"
de 3DS Max, avec l'essentiel des outils pour des animations
web.
Plusieurs
raisons expliquent cette méfiance vis à vis
de Plasma :
- Premièrement, Plasma plébiscite les formats
de Macromedia et semble, à première vue, peu
ouvert (SDK non fourni). Derrière ce tremplin rêvé
pour Shockwave 3D et Flash, on se demande s'il restera quelques
miettes pour les autres compétiteurs ! Est-ce une volonté
manifeste de la part de Discreet de faire de l'ombre aux autres
technologies web3D ? Ou bien est-ce tout simplement pour ne
pas faire d'ombre à 3DS Max, en lui laissant un plus
large choix de formats 3D ? Une chose est sûre, si hier
tout le monde se félicitait de voir Macromedia investir
le marché web3D pour valoriser ce secteur, aujourd'hui
la peur se lit sur les visages, tant le géant Macromedia
risque de les décimer avec le soutient des principaux
acteurs de la 3D (Discreet, AliaslWavefront, Newtek...).
- Deuxièmement, le prix de Plasma risque d'être
interprété comme une dévalorisation de
leurs investissements (pensez aux utilisateurs qui ont acheté
Maya quelques jours avant sa baisse de 76% !). Dans le secteur
3D, on reste assez méfiant face à ces politiques
tarifaires brutales et on préfère privilégier
la continuité pour la pérennité investissements.
La stratégie de Discreet n'est cependant pas comparable
à celle d'AliaslWavefront : le prix de 3DS Max est
relativement stable depuis 13 ans (date à laquelle
Autodesk commercialisait 3D Studio 1.0 sur DOS). En outre,
Discreet adapte son outil à différents marchés
: Viz pour l'industrie, Max pour le broadcast et temps réel,
Plasma pour le web et Gmax pour le jeux.
- Troisièmement, le marché jusqu'alors affaire
de spécialistes risque de s'ouvrir à de nouveaux
utilisateurs. Si cette perspective ne devrait en théorie
pas être une source d'inquiétude, dans la pratique
c'est tout autrement. Chacun de nous a en mémoire le
spectre des premières scènes en VRML (généralement
bidouillées par des informaticiens) qui ont fait beaucoup
de tort à la 3D pour le web : non optimisées,
inutiles et inutilisables, disgracieuses, lentes...
Malgré
ces réserves - en partie justifiées - de la
part des professionnels du secteur, il faut reconnaître
que Plasma constitue une réelle reconnaissance du marché
web 3D. En tout cas, Plasma brise un tabou : la 3d pour le
web devient accessible au plus grand nombre. Une question
subsiste : cela suffira-t-il pour voir les web agency s'intéresser
à la 3D pour le web ?
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