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NVIDIA Round Table Meeting
may 2010, Bonn Germany,
© images 3d-test 2010

NVIDIA organise chaque année avec ses principaux clients et partenaires une réunion autour de ses produits professionnels. La gamme quadro – selon une étude IDC citée par le constructeur – détiendrait 90% de parts de marché dans le milieu professionnel. Cette écrasante domination des puces du caméléon ne vient pas pour autant entamer la motivation des équipes de NVIDIA. En effet, dans les nouvelles applications telles que le ray tracing, la 3d stéréoscopique et le GPU computing les besoins de puissances sont énormes. Nous avons pu nous entretenir avec le staff de NVIDIA et mesurer à quel point les futurs challenges étaient une source d'inspiration.

Mes confrères de la presse professionnelle (CAE, CAD) et moi même se sont fait l'écho d'une question redondantes de nos lecteurs. Compte tenu du fait que la gamme pro (Quadro) et la gamme consummer (GeForce) partagent la même base hardware (la puce graphique), pourquoi préférer les cartes Quadro vendues nettement plus cheres ? Cette préoccupation d'économies particulièrement présente pour les petits studio et les freelances qui disposent de budgets serrés semble embarrasser nos interlocuteurs. A cela, NVIDIA met en avant l'effort réalisé par ses équipes pour le développement de pilotes spécifiques qui autorisent dans certains cas des gains de performance de l'ordre de x3 (avec les drivers AutoCAD ou 3ds max dédiés). Le travail des ingénieurs de NVIDIA consiste à étudier la manière dont ces logiciels communiquent avec la carte 3D et de maximiser ces échanges. Ainsi la gamme Quadro dispose de pilotes certifiés et un utilisateur peut alors bénéficier d'un support technique. Ce type de service est primordiale dans le cadre d'une production où les enjeux financiers sont importants et la fiabilité du matériel utilisé est un facteur clé. Les pilotes optimisés justifieraient donc ce surcoût. A cela s'ajoute la qualité de fabrication des cartes Quadro (directement assurée par NVIDIA, puis distribué par PNY en Europe) qui garantie une plus grande fiabilité des cartes.

NVIDIA a mis en avant l'étroite collaboration de ses équipes avec ses clients pour améliorer le workflow et obtenir des effets visuels encore plus poussés. Ainsi, NVIDIA a collaboré avec Weta pour accélérer la création d'images 3D pour Avatar (architecture CUDA aurait été employé pour soulager le traitement de scènes comportant des milliards de polygones). NVIDIA revendique sa participation dans de nombreux films et parmi de nombreux projets industriels innovants.

Nous avons assisté à une visite guidée des différents partenaires de la « Round Table » de NVIDIA. A notre grand regret, nous n'avons pas été convié au stand d'Autodesk. Voici un bref tour d'horizon :

mental images (filiale NVIDIA)

< mental images, RealityServer rendu ray tracing d'un modèle détaillé de Renault Twingo (intérieur + extérieur)

Nous avons assisté à deux démos illustrant l'usage d'iray. La première concerne une présentation desktop de RealityServer. Un modèle 3D de Renault Twingo comportant 7 millions de triangles était rendue en Ray Tracing dans le navigateur web. Les temps de calcul étaient courts et le rendu progressif permet d'obtenir quasi instantanément un premier aperçu. La technologie est prometteuse et certains constructeurs ont manifesté leur intérêt.

< mental images, iray en action sur l'iPad. mental images nous signale également que l'iPhone peut également servire de client à RealityServer.

L'autre démo – qui a fait surgir les appareils photos (!) - concerne l'utilisation de la même technologie sur iPad. En effet, tout navigateur internet peut accéder aux contenus produit par reallity server, Safari ne fait pas exception à la règle. La vitesse d'affichage dépend essentiellement du serveur à produire les images et à la vitesse du réseau pour la transmettre.

Par ailleurs, mental images se félicite de voir de nouveaux acteurs utilisant ses technologies d'affichage. En plus des utilisateurs historiques (Autodesk, Dassault Systèmes, PTC), BunkSpeed a annoncé le support de iray tout comme RTT.

RTT Technologies

< RTT Deltagen, Toyota iQ, passage d'un mode shader au mode ray tracing (reflections / global illumination) Toyota iQ.

RTT est devenu au fil des années un acteur majeur dans le domaine de l'automobile. Les logiciels de l'éditeur allemand sont présents chez la plupart des constructeurs automobiles (Toyota, PSA...). Deltagen produit des rendus temps réel de très haute qualité qui permet de valider les différentes configurations (variantes) d'un véhicule. La version présentée comportait un module supplémentaire qui permet à tout instant de calculer en raytracing un point de vue. Ainsi, les réflexion et réfractions sont calculées fidèlement et le réalisme augmente encore d'un cran. Ecrit en CUDA, le moteur de ray tracing est particulièrement rapide et offre une qualité d'image digne des meilleures shoots de publicité ! RTT projette également de proposer aux utilisateurs un mode RayTracing iray. Les logiciels RTT sont fondés sur un scenegraph NVIDIA (SceniX), mais peuvent cependant s'exécuter sur un PC équipé d'une carte ATI (l'éditeur émet cependant des réserves de compatibilité quant aux drivers).

< Intégration de calculs d'écoulement de l'air sur un rétroviseurs (RTT/FluiDyna).

RTT complétera également son offre en intégrant directement dans la visualisation des données de simulation. Le module FluidDyna utilise l'architecture CUDA pour accélérer d'un facteur 20 les résultats de la simulation. Nous avons également pu assister à la démonstration des outils RTT dans l'étude d'ergonomie.

Dassault Systèmes

Dassault Systèmes présentait pour sa part l'intégration d'iray directement dans Catia v6 ! Le système de calcul épaulé par des calculateurs Quadro Plex rendait un 4x4 Range Rover en très haute définition. La qualité des images produites est exceptionnelle digne des meilleurs rendus. Le rendu progressif d'iray permet une manipulation en temps réel de la caméra. A terme, si la qualité de rendu atteint de tels niveau dans un logiciel CAO, on se demande ce quelle va être la plus value de logiciels tels que Showcase, RTT ou Lumiscaphe. Mental images promet que le paramétrage des scènes est très simple : une source lumineuse ou un environnement HDR suffisent pour éclairer de manière physiquement correcte une scène. Reste à juger la facilité avec laquelle les matériaux sont appliqués aux différents objets.

< Démonstration spectaculaire sur le stand de Dassault Systèmes : un rendu hyper réaliste directement dans CATIA !

NVIDIA estime que CUDA reste le meilleur interface pour tirer profit de la puissance du GPU. Il relativise cependant la situation en présentant CUDA comme le moyen le plus rapide et le plus simple, mais s'accorde à penser que CUDA et OpenCL sont équivalents sur le plan des performances. Aux critiques qui mettent en exergue le caractère propriétaire de l'architecture CUDA, NVIDIA répond qu'il est très présent sur la technologie OpenGL puisque Niel Trevett de NVIDIA est l'un de ses initiateurs. NVIDIA promet également d'intégrer dans l'année iray à SceniX ce qui permettrait de simplifier les développements d'outils de visualisation photo réalistes. Quant à iray dans les logiciels DCC d'Autodesk, NVIDIA a rappelé que la version stand alone de mental ray commercialisée par Autodesk intégrait déjà iray. Il a également mentionné un post dans un forum montrant que iray était déjà présent dans les logiciels 2011 d'Autodesk, sous forme désactivée.

Notre analyse

< A terme, le réalisme ne devrait plus être réservé aux seuls moteurs de rendus précalculés. NVIDIA cherche à lisser la courbe et réduire le fossé qui sépare le rendu temps réel et les rendu très longs.


Même si le constructeur se défend de s'endormir sur ses lauriers ; le marché professionnel est quelque peu en retrait ces derniers mois. La bataille de titans qui se joue sur le segment du jeux vidéo concentre énormément d'énergie et la gamme pro (aussi bien chez NVIDIA que che ATI/AMD) est renouvelée plus tardivement que la gamme grand public. C'est dommage car les prix élevés pratiqués sur ce segment pourraient être synonymes de primeur ! Notre analyse sur le marché du GPU Computing est réservée. CUDA a l'avantage d'être disponible depuis de nombreuses années sur un panel étendu de langages (C, Java, Python...). En revanche, il s'agit d'une technologie 100% NVIDIA. Contrairement à OpenCL qui est ouvert aux puces ATI/AMD, CUDA et toutes les technologies qui sont fondés sur cette architecture nécessitent une GeForce ou une Quadro. NVIDIA a développé un ensemble de moteurs et d'outils autour de la 3D facilitant les développements (moteur de physique, scenegraph, moteur de ray tracing...). Ces outils constituent un écosystème homogène. Il s'agit d'un bien précieux pour tout ceux qui développent dans le domaine de la 3D et l'on ne peut que féliciter le constructeur pour les mettre à disposition de ses clients. Pour assoir sa suprématie, NVIDIA devra équilibrer habilement la proportion d'ouverture et de propriétaire dans ses outils afin de préserver la sensibilité des développeurs et maintenir la compétitivité de son offre. Car ATI/AMD – pour combler son retard – mise beaucoup sur l'ouverture de ses interfaces. NVIDIA nous a précisé que les facteurs de vitesse exprimés pour comparer une version GPU à une version CPU, partaient sur une base mono CPU. Les bénéfices de vitesse de type x200, x100 sont donc à relativiser. Nos interlocuteurs nous ont plutôt annoncés des gains de l'ordre x20 dans la pratique. Ce qui est déjà énorme ! La révolution GPU est donc en marche, voyons ce que l'avenir nous réserve en la matière.

Un autre enseignement peut être tiré de l'évolution de l'activité de NVIDIA. Hier constructeur de puces 3D, aujourd'hui son activité s'est diversifiée : fournisseur de technologies pour le jeu vidéo (moteur PhysX), conseil et développement d'outils, éditeur de logiciel (mental images)... A force d'étendre le spectre de ses interventions, NVIDIA peut rentrer en concurrence avec ses propres clients. On ne sait plus très bien où commence et termine le métier de NVIDIA. Ce mélange de genres, nous l'avons senti à plusieurs reprises lors de la conférence. Pour le moment, cela ne semble froisser personne, mais l'équilibre est assez fragile. Il ne faut pas cependant surestimer le risque, puisque dans tous les domaines où le caméléon intervient il a de bons compétiteurs : Havok, Bullet, vRay, RenderMan... Ces alternatives crédibles, éloignent donc les risques de monopoles ; une perspective que tous les utilisateurs d'outils DCC souhaitent éviter pour ne pas voir se reproduire la situation dramatique dans le domaine DCC où Autodesk possède les trois principaux softs 3D.

Reproduire en temps réel une vision réaliste est un challenge immense et NVIDIA semble bien parti sur cette voie !

 
 
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