3D-Web
Bilan & Perspectives (XIV)
Avril
- Mai 2003
La
revanche de Java
3d-test a toujours
considéré Java comme une alternative crédible
en matière de 3D pour le web. L'applet Java de Kaon
- notre "coup de coeur 2001" - et celui de Demicron
- notre "coup de coeur 2002" - connaissent un certain
succès tout à fait mérité.
Alors
que tout le monde ne jurait qu'en Viewpoint ou Cult3D il y
a quelques années, les mentalités changent.
Et pour cause : Java gagne du terrain régulièrement.
Au niveau du e-commerce, Java satisfait sur la plupart des
critères : la qualité du rendu est désormais
excellente, les fonctionnalités très étendues.
L'absence de plugin à installer est un avantage indéniable.
De surcroît, les éditeurs de solutions 3D en
Java affichent des prétentions tarifaires bien moindres
que celles de leur homologues Viewpoint ou Cult3D.
Dans les
faits, Java menace toutes les technologies web 3D basés
sur des ActiveX aux performances moyennes. En effet, le recours
à des ActiveX est justifié que dans des cas
très précis où la richesse fonctionnelle
et les performances sont primordiales. Et encore : Java ne
cesse de faire des progrès dans ces deux domaines...
Viewpoint
: quel gâchis !
Comment
ne pas réagir face à la politique commerciale
de certains éditeurs ? Le cas de Viewpoint est emblématique.
Depuis le début 2000, Metastream (ancienne dénomination
commerciale de VET Viewpoint Experience Technology) est un
format web 3d parfaitement abouti sur le plan technologique.
L'éditeur a su résoudre les principaux problèmes
matériels et logiciels que posent la 3d sur le web
:
- les configurations modestes peuvent accéder dans
de bonnes conditions aux contenus,
- les taux de compression très élevés
permettent une diffusion sur des modems 56K,
- l'impact visuel est incontestable.
C'est
ainsi que de nombreux investisseurs se sont intéressés
à ce nouvel Eldorado : Adobe, Computer Associates,
HP, Nike, Sony... Sur le plan technologique VET avait de quoi
séduire. Ce format promettait d'être à
la 3D ce que Flash est à l'animation vectorielle. C'était
sans compter sur l'obstination bornée de la politique
commerciale de Viewpoint. A cette époque où
la vague Internet atteignait des sommets dans les espérances
et la démesure, il paraissait logique de proposer un
mode de licence nouveau et adapté au format. Les analystes
avaient prédit la fin des systèmes de distribution
habituels : fini les boîtes de logiciels, vive les logiciels
distribués sur le web, les licences à l'utilisation,
les loyers annuels... Ces
idées novatrices devaient apporter une plus grande
équité dans l'utilisation des technologies et
des logiciels. En revanche, les utilisateurs n'étaient
pas prêt à accepter ce nouveau mode de protection
de la propriété intellectuelle. Résultat,
seuls des grands groupes - de préférences dotés
d'une armada de juristes et d'avocats - sont prêt à
accepter de tels systèmes de licence. Il faut dire
que les prix pratiqués par Viewpoint ont constitué
un frein décourageant tous les utilisateurs même
les plus motivés. Viewpoint, pensant que la situation
était imputable à un manque de transparence
tarifaire a réagit en rendant ces prix publics. Cela
n'a pas suffit à redresser la barre, bien au contraire.
Non seulement les licences étaient inabordables, mais
elles dépendent des résultats financiers du
client.
Ce modèle
économique est en théorie plus juste que celui
des "boîtes". Mais parfaitement inadapté
au marché. Qui sont les clients de Viewpoint ? AOL,
Lycos, Toyota, Mazda, Ford : que des grosses pointures ! Imaginez
que Macromedia ait commercialisé Flash de la même
manière ! C'est impensable (et le modèle actuel
de Flash ne l'empêche pas d'être utilisé
par les grands compte, bien au contraire !). Réserver
une technologie à une caste d'utilisateurs ne favorise
pas sa diffusion, et ne permet pas de constituer un standard.
Aujourd'hui, les dirigeants de Viewpoint enfoncent le clou
en indiquant que la société se focalise désormais
sur le marché de la publicité en ligne. Elle
dénigre ainsi ces utilisateurs et clients historiques
qui lui ont permis de diffuser le plugin à env. de
55 % des internautes américains (considéré
comme taille critique en matière de publicité
en ligne).
Notre
analyse du positionnement d'éditeurs tels que Viewpoint
est simple : aujourd'hui Viewpoint doit se vendre sous la
même forme que Flash et à un prix semblable.
C'est - à notre avis - son unique salut. Et Viewpoint
a, aujourd'hui encore, toutes ces chances avec ce type de
diffusion. Cette analyse ne manquerait pas de faire sourir
les responsables de Viewpoint, il est vrai que la société
jouit aujourd'hui grâce à d'ennormes contrats.
Changer de type de licence signifie l'arrêt de ces contrats...
Mais le statu quo risque bien de coûter la vie de l'éditeur.
Segmentation
du marché
Le marché
semble se structurer en deux entités :
- le haut de gamme avec des plugins ActiveX très performants,
- les applets Java qui correspondent aux besoins les plus
courants.
Les technologies
de type ActiveX qui ne sont pas suffisamment performantes
sont amenées à disparaître prochainement.
Le MPEG
4
Le standard
MPEG 4 (et X3D) connaît un regain d'intérêt.
Aujourd'hui trois technologies sont capables d'interpréter
la 3D du MPEG 4 BS Contact MPEG 4, Octagon Player et MaxPEG.
Nous attendons avec impatience la prochaine version de Quicktime,
qui pourrait bien intégrer la 3D du MPEG 4... Ce qui
qui pourrait changer beaucoup beaucoup de choses dans le paysage
web 3D !
|