3D-Web
Bilan & Perspectives (XX)
Avril 2004 - Mai 2004
Paradoxe
: la visualisation 3D est au coeur des processus d'élaboration
d'un produit, mais le client final n'a droit qu'à une
simple photo pour faire son choix...
Les industriels
ont rapidement adopté la 3D afin de rester compétitifs.
Les avantages de la visualisation 3d ne sont ni à démontrer
ni à remettre en cause dans les domaines de la CAO
et CFAO. La 3D sert également dans les phases de décision
et de validation. Les revues de design accordent une place
toujours plus grande au modèle virtuel.
Lors de
la phase d'exploitation du produit, la 3d est soudainement
absente. On pense que le modèle physique (le produit
usiné) suffit amplement pour toutes les opérations
post-usinage. Il s'agit d'une grave erreur de jugement. D'une
part la 3D permet de créer des applications "sur
mesure" permettant d'améliorer le support, la
maintenance, la vente (...) d'un produit ; d'autre part la
3D peut être exploitée pour la communication
en ligne. Les boutiques et les vitrines (sites des constructeurs)
en ligne s'appuient essentiellement sur des données
2D (photo, flash, vidéo). Aujourd'hui, on pense que
les clients en ligne n'ont pas besoin de 3D. Plus grave, on
pense que la 3D est trop complexe ! C'est sous estimer les
internautes et leurs besoins d'informations. Si un chef de
projet a besoin d'une visualisation 3D pour valider un produit,
le client n'a-t-il pas lui aussi besoin de 3D pour valider
son achat ? Les produits se distinguent de plus en plus par
leur design et une photo ne peut capturer tous les aspects
d'un produit.
Quelques
chiffres :
- 64% des acheteurs d'automobiles ou de véhicules utilitaires
font une recherche sur internet avant de faire leurs achats.
(USA, J.D. Power and Associates)
- Chiffre d’affaires de l'e-commerce en 2003 : 1,7 milliard
d’euros, soir une croissance de 56% par rapport à
2002. (Marché français, étude ACSEL)
-
Le nombre d’acheteurs progresse 2,5 fois plus vite que
le nombre d’internautes. (Marché français,
entre 2002 et 2003, Médiametrie)
A la vue
de ces chiffres, la situation du commerce électronique
est encourageante. Mais il est bien dommage que les boutiques
en ligne ne tirent pas profit des spécificités
d'internet. La prochaine étape - que personne n'ose
franchir - c'est le véritable "business on demand".
L'acheteur pourra lui même concevoir son produit
selon ses désirs. Dans un premier temps, il
s'agira de choisir des options dans un configurateur ; à
terme l'acheteur prendra part au processus de design de son
produit. Pour se faire, la 3D sera indispensable. Les sites
qui ne proposeront pas de 3D seront marginalisés :
on pensera que le constructeur veut cacher quelque chose à
ses clients.
Mais ne
rêvons pas : cette véritable économie
"on demand" où il ne s'agit plus d'imposer
un design aux clients mais de s'adapter à leurs désirs
et exigences n'est pas pour aujourd'hui. Cette vision fait
froid dans le dos, et beaucoup d'acteurs, en particuliers
ceux qui rechignent déjà aujourd'hui à
offrir à leurs clients une visualisation 3D, ne préfèrent
pas imaginer cette nouvelle aire du véritable "business
on demand". Pour que les mentalités et les process
évoluent il faudra de longues années, des décennies
à coup sûr.
Microsoft vs Sun
Nos précédents
dossiers ont été largement consacrés
aux différents qui opposaient Microsoft à Sun.
Aujourd'hui les deux éditeurs ont conclus un accord.
Certains parlent "d'un accord de la dernière chance"
pour Sun dont les résultats comptables négatifs
sont récurants. Pour Microsoft, c'est une manière
d'apaiser le marché et surtout de pouvoir s'affirmer
sur le marché des mobiles où Java est omniprésent.
Il n'est pas évident de connaître les raisons
d'un tel accord, mais une chose semble acquise : cela risque
de conforter la présence de Java même dans Windows...
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