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3D-Web Bilan & Perspectives (VII)
Février - Mars 2002

A propos des licences
Le développement de contenus 3D temps réel sur le web nécessite d'importants moyens financiers. C'est pourquoi l'usage de la 3D reste assez confidentiel. Les éditeurs ont adopté des politiques commerciales variées et originales pour amortir leurs investissements R&D. Faisons le point sur ces "systèmes de licence" :

Vente de logiciel

Ce type de licence est le moins déconcertant, car il a fait ses preuves depuis des décennies : l'achat du logiciel auteur permet de développer et de diffuser des contenus sans restriction, ni redevance. Dans le domaine graphique et 3D ce mode de licence est généralisé : les développeurs (web agency, free-lances, studios de création) s'acquittent du droit d'utilisation des logiciels et peuvent créer et diffuser (via un runtime web gratuit : plug-in ou applet Java) autant de contenus qu'ils le souhaitent.

Aucun logiciel graphique n'échappe à cette règle : Flash, Dreamweaver, Photoshop, QuarkXpress, 3DS Max, Maya... Le haut de gamme, tout comme les logiciels très populaires sont diffusés selon ce principe. Director Shockwave Studio 8.5, comme le reste de la gamme Macromedia n'échappe pas à cette règle. Cette version de Director peut générer des contenus 3D que l'on peut publier en toute liberté sur le web. C'est également le cas d'Axel (MindAvenue), une solution web 3D complète (outils de modélisation + gestion des interactions). Brillant Digital propose également des outils de créations complets supportant les formats Max et Maya : B3D Studio pro permet de créer et diffuser autant d'animations 3D que vous le souhaitez. C'est le cas également de Pulse 3D, Eon Reality, Virtools (version web uniquement, les contenus pour CD-Rom nécessitent une licence particulière), SCOL, QED Soft. Pour certaines technologies, l'achat d'un serveur de streaming est vivement conseillé pour la diffusion des contenus 3D.

Le prix de ces logiciels auteur se situent généralement entre 1000 et 2500 €. A cela il convient d'ajouter le prix du modeleur 3D : de 1000 à 4500€. Ces budgets sont relativement élevé pour le web comparativement au prix du trio de base : Photoshop-Dreamweaver-Flash. Pour un studio graphique 2D, l'investissement matériel est conséquent. Sur le plan des ressources humaines, la 3D est également plus chère que la 2D.

Loyer

D'autres éditeurs préfèrent utiliser un autre mode de rémunération. Partant du principe que la présence d'objets 3D provoque une augmentation des revenus du client (fabriquant, boutique ne ligne), l'éditeur web 3D place un "payage d'utilisation" (payable au mois, à l'année ou pour une période indéterminée). C'est la cas de Viewpoint, Cult3D, Shout 3D, 3D Anywhere, Virtue 3D, Interzart, Blender 3D, Wildtangent... Au niveau du calcul du montant de la licence, aucune norme n'existe (en fonction de la fréquentation/trafic, des revenus générés, du nombre de clic, du nombre d'objets, du nombre d'URL...). Il s'agit d'un paiement à la consommation, où chaque éditeur impose ses propres tarifs. Méfiez vous des éditeurs n'ayant pas de grille tarifaire publique.

Il convient de distinguer les technologies telles que Shout3D, 3D Anywhere et Interzart dont le montant des licences est tout à fait raisonnable et fixe (en fonction du nombre d'objet, ou bien d'URL pour Shout3D). En revanche, les licences Cult3D, Viewpoint et Wildtangent sont certainement les plus onéreuses.

Pour le studio de création, la licence de type "loyer" (=license fees en anglais) a un avantage certain : il n'a pas à débourser un cent pour créer les contenus et leurs interactions car les éditeurs mettent à leur disposition les outils de développement. C'est généralement le client final qui doit payer la licence annuelle. Malheureusement, les éditeurs utilisant ce type de licence se permettent de proposer des outils de création bien moins aboutis que ceux des éditeurs vendant des logiciels... C'est la porte ouverte aux versions bêta à répétition, aux bugs, aux interfaces exotiques, aux commandes désorganisées. Bref : l'anarchie.

Au niveau financier, l'addition ne sera sans doute pas plus importante que dans le modèle usuel (vente de logiciel). Mais la liberté de création et de diffusion est un argument qui laisse aucun webmaster indifférent. Pour mener à bien un projet web 3D, les coûts d'utilisation de technologies ne doivent pas être ignorés, même s'ils restent assez négligeables face aux coûts de développements 3D (scénarisation, modélisation, plaquage des textures, animations...).

Licences atypiques

Au chapitre des licences originales citons celle de l'allemand O2C qui propose de faire payer la conversion de l'objet dans son format web 3D propriétaire. Le designer fournit sur le site de l'éditeur ses modèles au format 3DS ou PRJ et recevra (en échange de 17.50 €) le modèle web 3D quelques heures plus tard par e-mail. Le designer ne règle que le service de conversion qui constitue le réel "savoir faire" de l'éditeur. L'éditeur propose également des licences complètes (economy, business, corporate).

Kaon (éditeur d'une technologie Java) propose également une licence originale. Si vous devez représenter un objet de façon réaliste, vous devez confier sa réalisation web3D par l'éditeur (modélisation, optimisation, interaction...). Dans le cas d'une scène "imaginaire", l'Applet est libre d'utilisation... Ce type de licence prêteà confusion. L'éditeur ne semble pourtant pas souffrir de ce principe. En effet, Kaon possède une technologie parfaitement adaptée à l'e-commerce et compte parmi son portefeuille de clients : Dell, Nec, Samsung....

Gratuit

Le VRML et X3D sont par nature des formats libres, à ce titre ils peuvent-être utilisés gratuitement dans n'importe quel projet web3D. Le VRML jouit de nombreux plug-in pour sa diffusion : Cosmo Player, Blaxxun, Parallel Graphics et Pivoron. L'applet java Blaxxun3D, également basé sur un format de fichier VRML/X3D est gratuit depuis février 2001. Citons également la présence de technologies gratuites Alice 3D et Anfy 3D dont on attend désespérément des mises à jour...

Licences "obscures"

Certains éditeurs semblent vouloir garder secret leur système de licence. Rien d'étonnant si ces éditeurs sont aujourd'hui en difficulté. Parmi ces éditeurs (qui malgré nos nombreuses requêtes ne souhaitent pas communiquer ni leurs prix de vente, ni leur système de licence) citons : Superscape, Embaya, Multi3D. Il ne faut pourtant pas avoir fait H.E.C. pour deviner qu'un produit (en l'occurrence une techno web 3D) a besoin d'une politique commerciale claire pour avoir une chance de percer ! Ce flou artistique entourant l'attribution des licences d'utilisation est d'autant plus regrettable que ces trois formats web 3d sont excellents sur le plan technique. Mais dans la course au standard web 3D il n'y a pas de place aux stratégies incohérentes.

Le plus cher est-il le meilleur ?

Non. Il est vrai que Viewpoint et Cult3D ont une avance technologique dans le domaine e-commerce. Mais l'écart avec d'autres technologies moins onéreuses se réduit tous les jours. Finalement, ces technologies devront certainement revoir leur mode de diffusion pour survivre façe aux rouleaux compresseurs que sont Macromedia Shockwave 3D et Adobe Athmosphere.

Sur le web, de nombreux contre-exemples démontrent que les produits les plus chers ne sont ni les plus sûrs ni les plus performants, que ce soit au niveau des applications clients ou côté serveur. L'Open Source séduit non seulement les petites structures, mais aussi les grands groupes. Les produits de Macromedia sont devenus des références sur le web de part leur qualité et leur prix de vente abordables. Ils sont utilisés par des sociétés de toutes tailles, des associations et des particuliers. Le web réserve une place marginale aux technologies propriétaires trop élitistes qui n'ont aucune chance de devenir un standard.

Le produit de Macromedia, couvre de nombreux secteurs et plonge les technologies concurrentes dans une position fort délicate. Si aujourd'hui les technologies e-commerce ne sont pas frontalement attaquées, les améliorations apportées par Macromedia (Antialiasing) à son moteur de rendu peuvent modifier la donne. La logique voudrait que les technologies e-commerce beaucoup moins puissantes changent leur politique commerciale afin d'être à la disposition des infographistes. Mais comment justifier un tel revirement auprès des clients qui payent aujourd'hui les licences au prix fort ? De nombreux internautes aiment à penser que la technologie Viewpoint (ex. MetaStream/Metacreation) devienne un jour abordable. Viewpoint vs Macromedia : s'agit-il du match web3d de l'année 2002 ?

Remarque : la politique tarifaire de certains éditeurs peut avoir changé. Cf. Interview Kaon Interactive. Cycore France a réagit face à cette article dans une interview.

 

 
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