| Q&A |
Sylvain
Huet
SCOL Technologies
26 /01/04 |
| Q1 |
Brève
présentation de vos activités actuelles. |
| A1 |
Actuellement,
je démarre amberMind, une petite société
de conseil en technologie, plutôt orientée mobile
ou multimédia. Scol est dorénavant un hobby. |
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| Q2 |
Pourquoi
avoir développé le langage SCOL plutôt que
d'utiliser le VRML ? |
| A2 |
Scol
et Vrml obéissent à des philosophies différentes
: Vrml est un format 3d, alors que Scol est une technologie
multimédia de mise en relation directe des internautes,
dans un environnement virtuel qui n’est pas nécessairement
3d. Par ailleurs le format Vrml n’était pas très
adapté pour une utilisation en ligne et temps réel
: les fichiers sont lourds, et contiennent des primitives
(sphère, cylindre, …) courbes davantage adaptées
au précalculé. Toutefois, Scol propose un export
vrml vers scol, ce qui permet de réutiliser, lors de
la conception des sites, des fichiers vrml.
Enfin
le format vrml peine à s’imposer comme un standard
; on peut le constater en expérimentant la pauvreté
des exports vrml des grands modeleurs 3d. Pour des raisons
qu’on peut comprendre, les éditeurs de modeleurs
n’ont pas jugé opportun de se mettre d’accord
autour d’un format 3d commun. C’est dommage.
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| Q3 |
Quelles
sont les avantages de SCOL en matière de développement
de contenus 3D ? |
| A3 |
L’avantage
de Scol est d’offrir immédiatement le côté
« monde virtuel », c’est-à-dire la
possibilité d’intégrer des avatars et d’interagir
avec les autres utilisateurs du site. Cette intégration
est naturelle, car elle est à la base de l’architecture
de Scol, ce n’est pas un add-on mal intégré,
comme ont pu l’être certaines extensions multi-utilisateurs
de vrml.
De fait, les outils de Scol (et notamment le Scs) permettent
à un non développeur de monter rapidement un site
en Scol, et d’en régler l’interactivité,
d’un coup de souris.
Parce qu’il ne s’agit pas exclusivement d’une
technologie 3d, Scol permet également de varier les modes
multimédia. Pour un jeu d’échecs par exemple,
on préférera une interface 2d, plus lisible et
donc plus efficace. Avec Scol on choisit le type d’interface
(texte, 2d, 3d, video, …) le mieux adapté à
l’interaction que l’on recherche. |
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| Q4 |
Est-ce
que SCOL peut être utilisé pour tout type de projet
3D sur le web (e-commerce, visualisation collaborative, jeux...)
? |
| A4 |
Scol
peut être utilisé pour les applications que vous
citez. Toutefois les meilleures applications sont celles qui
s’appuient sur la mise en relation directe d’internautes
au sein d’un même environnement 3d. Visualisation
collaborative, jeu, mais aussi simulation, entraînement.
Je
pense qu’il faut bien réfléchir au rôle
de la 3d dans une application web. La 3d propose un environnement
familier, mais elle recrée des contraintes de déplacement
(il faut se mouvoir) et de topologie (l’espace 3d est
plus restreint que l’hypertexte, il doit également
être cohérent), que toutes les applications ne
justifient pas.
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| Q5 |
Qu'est
ce qui a changé par rapport à SCOL depuis la faïllite
du groupe Cryo ? |
| A5 |
Pour
Scol le changement est radical : la technologie est désormais
ouverte, en opensource (licence BSD, plus libre encore que Gnu).
Elle est donc évidemment totalement gratuite et chacun
peut y contribuer. Le revers de la médaille évidemment
est qu’il n’y a plus une équipe de développeurs
payés pour la faire évoluer 7 jours sur 7. |
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| Q6 |
Qui
est propriétaire des droits de la technologie SCOL ? |
| A6 |
C’est
moi qui ai récupéré les droits auprès
du liquidateur. Mais pour être honnête, une fois
que j’ai passé la techno en opensource, je ne sais
pas très bien quels droits il me reste… La marque
reste toutefois à mon nom. Le projet opensource est géré
par une association 1901 (www.scol-technologies.org) que nous
avons montée avec quelques aficionados. |
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| Q7 |
La
technologie SCOL va t-elle continuer d'évoluer et de
tirer profit des dernières innovations en matière
d'accélération 3D ? |
| A7 |
La
technologie continue d’évoluer, même si elle
était déjà bien complète. Les travaux
concernent le multi-plateforme, les couches graphiques, le lien
avec les players audio, et évidemment quelques bugs résiduels.
Pour ma part, je pense que l’effort devrait porter surtout
sur la partie applicative : à la question « à
quoi sert une techno 3d, multi-utilisateur ? » je pense
qu’il y a encore beaucoup à découvrir. C’est
pourquoi plusieurs d’entre nous sont en train de pousser
des projets applicatifs, qui seuls justifieront de faire évoluer
le cœur de la techno. |
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| Q8 |
Existe-t-il
un pôle de compétences et de conseil autour de
cette technologie ? |
| A8 |
Il
y a au sein de l’association et autour des mailing-listes
toutes les compétences nécessaires à l’aboutissement
d’un projet. Elles sont mobilisables sous différentes
formes. C’est notamment le rôle de l’association
1901 d’aider à les regrouper. |
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| Q9 |
Existe-t-il
des infra-structures serveurs pour gérer les communautés
3D en SCOL ? |
| A9 |
Aujourd’hui,
nous n’avons pas encore de plate-forme, car cela pose
des problèmes d’exploitation pour une association.
Nous y travaillons néanmoins. Vous pouvez néanmoins
héberger votre site chez vous (si vous avec une connexion
adsl ou câble) : tous les logiciels sont gratuits et téléchargeables.
En fait, et c’est méconnu, Scol a été
un précurseur du peer-to-peer en permettant dès
1998 l’hébergement de site sur son propre pc. Je
me souviens, lors d’un salon en 98 à Atlanta, m’être
connecté sur un site hébergé via un modem
56k sur un ordinateur portable dans une boutique du Bd Sébastopol
à Paris ! |
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| Q10 |
La
3D pour le web a aujourd'hui 10 ans, quel regard portez-vous
sur les dix années qui viennent de s'écouler ? |
| A10 |
Il
y a 10 ans, on pouvait rêver que nous habiterions des
univers virtuels. C’était la vision de «
Tron », de « Snowcrash », puis du « Deuxième
Monde » auquel j’ai eu la chance de contribuer.
Aujourd’hui, les applications qui ont véritablement
percé sont les applications de divertissement (jeux,
chats), dont la rentabilité est encore incertaine. Il
me semble cependant qu’il y a encore des terrains qui
n’ont pas encore été explorés sérieusement.
Pour moi, une chose est certaine, l’enjeu du web3d n’est
pas dans la technique, mais dans la recherche des applications
: nous devons comprendre ce que nous apporte le fait d’interagir
entre nous à travers une machine. |
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| Q11 |
Comment
voyez-vous évolution des technologies 3D pour les web
dans le futur ? |
| A11 |
Votre
question est difficile, mais je pense que la période
des Grandes Découvertes ne fait que commencer : nous
finirons pas découvrir et habiter ces mondes virtuels.
Ils nous réservent assurément plus de surprises
que la planète Mars. |
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