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 Q&A B. Duflos
Directeur de Surface Lab
0 7/05/01
Q1 Brève présentation de Surface Lab.
A1

Surface Lab est un studio de création d’objets 3D ou de modèles 3D, produits essentiellement à partir d’objets existants. Surface Lab modélise ces derniers en partant d’un scan 3D, ce qui assure la parfaite fidélité de la forme des objets modélisés par rapport à l’original.
Commercialement Surface Lab est structurée pour produire des objets 3D en grand nombre et à prix serré, notamment des objets 3D difficiles que ce soit par la forme, la texture ou l’interactivité. Elle se positionne ainsi en sous-traitant des web-agencies pour leur fournir les objets 3d et les faire bénéficier de ses compétences dans ce domaine très technique. Son implantation aux portes de Paris lui permet une proximité et une réactivité importantes pour de nombreux clients.
Enfin Surface Lab bénéficie d’un historique, une large expérience de la création de modèles 3D acquise auprès de ses clients industriels demandeurs eux-aussi de 3D.

   
Q2 Comment avez-vous été amené à la 3d Web ?
A2

Il a toujours été clair pour nous que vu l’intérêt évident qu’il y a à présenter un objet sur un écran en 3D plutôt que par une photographie, tôt ou tard la technologie allait donner les moyens d’atteindre ce but. Ce niveau technique a été atteint courant 2000 avec les dernières avancées de viewers comme Cult3D ou Viewpoint.
Nous attendions donc la 3D sur le Web et nous y préparions, elle est un prolongement de ce que nous faisons habituellement. Les possibilités maintenant sont très larges, les applications enthousiasmantes … Nous avons évolué tout naturellement vers la 3d web.

   
Q3 La numérisation 3D est elle adaptée à la génération d'objets 3D pour le Web ? Peut-on numériser tous les objets ?
A3 La numérisation 3D – le fait de partir d’un scan 3D pour la modélisation – est toujours un atout, souvent décisif. Le modèle 3D est réalisé plus rapidement, et la fidélité par rapport à l’original est assurée. Dans certains cas le modèle 3D peut être produit directement à partir du relevé du scanner 3D, c’est alors la solution la plus performante pour obtenir le modèle 3D. Les algorithmes de réduction de facettes permettent d’obtenir des objets directement adaptés à Internet. Dans d’autres cas, il reste nécessaire de remodéliser la pièce … Quant aux limites de ce qu’il est possible de numériser … A part l’intérieur des objets que nous ne savons pas numériser, nous avons des solutions pour toute taille de pièces, par des procédés sans contact, transportables. Nous pouvons donc pratiquement numériser tout objet fixe. En ce qui concerne la mesure de personnes, nous avons une partie des solutions, nous en développons d’autres…
   
Q4 Quelles sont les limites actuelles de la numérisation 3D ?
A4 Pour ce qui est l’acquisition des données, il est aujourd’hui possible de relever la forme et la couleur de tous types et toutes tailles d’objets. On peut relever les pyramides d’Egypte avec un luxe de détail, ça risque seulement de dépasser le budget… sans compter le poids des données. La limite principale est le temps de mesure. Enfin la numérisation de personnes reste une chose difficile.
   
Q5 Quels sont les principaux avantages de la numérisation 3D face à la modélisation 3D dans le cadre d'une utilisation pour le web ?
A5 Il y a deux avantages principaux :
- la fidélité par rapport à l’original. Dans un certain nombre de cas (un visage, un objet design, etc.), il est vraiment difficile d’obtenir un modèle ne serait-ce qu’approchant de l’original. Nos méthodes de numérisation 3D avec des relevés de nuages de points denses et de grande précision permettent de reproduire exactement l’original. Nous proposerons dans les semaines qui viennent le relevé couleur exact ce qui ouvrira des possibilités inconnues jusqu’à présent en modélisation.

-Le prix. Le relevé par scanner 3D permet dans certains cas d’obtenir directement un maillage de l’objet. Il reste simplement à ajouter la texture. On peut alors travailler très vite, faire de grandes séries, baisser les prix. Le bénéfice de la numérisation demeure lorsque la pièce doit être remodélisée, car il est précieux d’avoir une information 3D sur laquelle s’appuyer pour travailler. Sinon le graphiste est amené à réinventer la forme de la pièce, ce qui peut parfois être long ou délicat. Cela dit, effectivement pour des objets qui ont des formes très simples, comme des assiettes par exemple, la numérisation n’apporte rien.
Mais reparlons-en le jour où il y a à modéliser une voiture …
   
Q6 Les maillages produits à partir de nuages de points ("brut de scan") doivent-ils être retravaillés avant l'exportation vers les principaux formats du web ?
A6 Cela dépend de la qualité du maillage, qui dépend essentiellement du capteur. Surface Lab utilise des capteurs de métrologie industrielle, avec des précisions allant jusqu’au µm. Dans ces conditions le maillage est automatiquement obtenu à partir du nuage de points ; il peut alors – si c’est la démarche suivie – être immédiatement soumis à un algorithme de réduction de facettes. Du point de vue géométrique l’objet 3D utilisable sur le Web est alors prêt.
   
Q7 Les textures sont elles générées automatiquement grâce au scan 3D ? Comment sont interprétées les surfaces transparentes ?
A7 Actuellement bien rares sont les capteurs 3D sur le marché qui permettent l’acquisition de textures. Nous en aurons nous-mêmes un d’ici quelques semaines. L’acquisition de textures lors du scan permet d’éviter toute la phase de création du mapping de textures, délicate et qui prend beaucoup de temps – et de surcroît parfois infaisable en pratique -. Les surfaces transparentes sont en général couvertes de matifiant pour le relevé. Cette obligation sera cependant levée avec notre prochain outil de mesure.
   
Q8 Il y a quelques mois, Surface Lab affichait son affiliation à Viewpoint en tant que distributeur, aujourd'hui Surface Lab semble privilégier Cult 3D. Quelles sont les raisons de ce changement ?
A8 Cult 3D et Viewpoint sont les formats que nous avons retenus (tout en pouvant utiliser d’autres formats d’export) car ils apportent aujourd’hui les meilleures performances en termes de rendu, de qualité visuelle, et d’interactivité. Ce sont donc ces formats que nous recommandons à nos clients intéressés par des applications Internet comme le E-commerce. Nous mettons aujourd’hui Cult en avant car les possibilités qu’il apporte notamment en matière d’objet 3D interactif méritent tout particulièrement d’être connues !
   
Q9 Que pensez-vous des solutions telles qu'Interzart 3D qui peuvent générer des objets qu'à partir de digitalisations (à partir de scan 3d ou d'une série de photos) ?
A9 Il est effectivement possible de créer de la 3D à partir de simples photos comme le font les géomètres en photogrammétrie depuis bien longtemps. Cette technique permet d’obtenir très simplement une géométrie simplifiée d'un objet. Ces solutions sont particulièrement attractives pour l’architecture. Pour l’objet nous avons testé ce type d’outils, et retenu qu’ils étaient en général trop difficiles d’emploi dès que les formes à modéliser étaient un peu complexes ; de plus la géométrie obtenue est souvent décevante ... Ces outils nous ont donc parus insatisfaisants par rapport à nos exigences de modélisation.
   
Q10 Est-ce que Surface Lab propose des solutions en matière de numérisation et d'animations de personnages 3D (Avatars) ?
A10 Nous ne faisons rien dans le domaine de l’animation. En revanche nous développons des solutions pour le scan de visages, de bustes … et bientôt la personne entière. Nous vous le ferons savoir !
   
Q11 Les scanners 3d sont-ils capables d'appréhender tous les formats du web ?
A11 Le scan 3D intervient très en amont de la diffusion du fichier sur Internet. Les données qu’il fournit doivent subir un traitement préalable à la diffusion. Inversement, le modèle 3D couleur qui est produit peut être chargé dans un logiciel comme 3D Studio Max. A partir de là, il est possible de le convertir – sauf exception - sous l’ensemble des formats 3D du web. Le modèle 3D couleur non compressé est donc la donnée universelle que chacun doit conserver afin de l’exploiter ensuite sous le format de son choix, notamment les formats optimisés pour Internet comme Cult3D. Attention cependant les animations sont souvent tributaires du format de viewer retenu.
   
Q12 Quels type de scan 3D et de technologie de numérisation utilisez-vous ? Avez-vous des équipements de motion-capture ?
A12 Surface Lab utilise des capteurs sans contact par triangulation optique avec projection de lumière structurée ou laser, ainsi qu’une autre technologie, non diffusée sur le marché à ce jour. Aucun équipement de motion capture.
   
Q13 Quelles sont les prochaines évolutions des scanners 3d que vous attendez ?
A13 Les scanners 3D vont effectivement beaucoup évoluer, à court terme. Surface Lab pourrait bien être un acteur majeur de cette évolution.
   
Q14 Pour vous, la 3d-web est elle avant tout un moyen de différenciation et de prestige ou bien un outil marketing pour augmenter ses ventes ?
A14 Il y a quelques années peu de personnes avaient un téléphone portable ; à cette époque ceux qui en avaient pouvaient jouer les vedettes. Aujourd’hui le téléphone portable est le moyen de communication mobile évident et indispensable. La 3d-web, nous en sommes seulement à ses prémisses. A mon sens bientôt il sera parfaitement naturel de présenter le produit sur un site Internet en 3D, pour beaucoup de raisons. L’objet 3D aura alors sur toutes les autres présentations de produits sur Internet l’atout précieux d’être interactif. Car interactif signifie que l’internaute agit sur l’objet, donc il fournit des informations qui peuvent (et qui sont, dans les formats les plus évolués) être renvoyées au site hébergeant le modèle 3D. Cela ouvre la voie à toutes les analyses marketing. La 3D me semble donc être la solution naturelle à terme pour tous les sites voulant présenter un produit, un objet.
Et aujourd’hui ? Aujourd’hui du fait que peu de sites sont passés en 3D, effectivement utiliser la 3D véhicule en même temps beaucoup de notions, et fait immédiatement apparaître le site comme high-tech, à la pointe du progrès ... Cette considération est en soi positive. Mais elle ne doit pas cacher qu’avant tout la 3D aura permis à l’internaute de voir le produit pendant plus longtemps, de manière plus intéressante, plus ludique ; de voir les versions du produit, de mieux comprendre son fonctionnement, et tout cela dans une ambiance de découverte agréable due au côté high-tech … Et finalement, ce modèle 3D, là, à l’écran, ce modèle 3D-là, il le convaincra et lui plaira, à cet internaute.
La 3d-web est donc un outil de marketing, un media de communication pour dynamiser les ventes. Et comparant son impact par rapport aux faibles dépenses qu’il nécessite, c’est en plus un outil très économique. Donc très loin d’un simple moyen de différenciation, elle est plutôt un moyen de communication ; un moyen de communication qui sera bientôt – à mon sens - évident et indispensable …
   
   
   
 
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