| MOVIE
3D de AIST Medialab AG/Realsoft
Octobre 2001
Realsoft est un éditeur finlandais à l'origine
d'un soft 3D du même nom. Son soft n'a jamais
connu le succès escompté, mais l'éditeur
s'accroche depuis 13 ans à son développement.
Déjà sur Amiga, il devait affronter la
concurrence de Scult 3D, d'Imagine puis de Lightwave.
Ces dernières années, avec la sortie de
softs tels que Maya, Softimage XSI et 3DS Max, Realsoft
3D s'est quelque peu effacé de la scène.
Tout le monde le croit mort, et c'est mal connaître
la communauté d'utilisateurs et l'acharnement
de ses développeurs ! Realsoft 3D n'est pas un
logiciel ordinaire : il est le premier logiciel d'image
de synthèse à avoir intégré
la gestion de la physique, son interface a inspiré
de nombreux logiciels actuels... Le logiciel est vendu
pour 700 $, malgré ce prix attractif pour un
logiciel de ce gabarit, le parc d'utilisateurs augmente
guère. C'est pourquoi Realsoft a confié
à AIST la commercialisation d'un nouveau package
: Movie 3D à un prix défiant toute concurrence
: 199$.
Movie
3D
reprend l'interface de son aîné, auquel
on a supprimé : la programmation de Shaders,
la simulation physique, les metaballs, le rendu sur
réseau, le langage script...
L'interface
L'interface
de Movie 3D, avec sa vue unique dépaysera certainement
les inconditionnels de 3DS Max (avec ces 4 vues : top,
left, face, perspective). On peut cependant afficher
ces vues (mais pas simultanément). L'interface
est paramétrable et ressemble sur certains points
à celle de Maya. L'ergonomie générale
est bonne, et le déplacement des points dans
l'espace très précis. On apprécie
le double menu contextuel très pratique en mode
modélisation. Un des menu contextuel s'affiche
avec le bouton droit de le souris, tandis que l'autre
s'affiche lorsque l'on appuie sur le bouton gauche (sans
le lâcher) tout en allant dans une direction.
Certaines innovations ergonomiques devraient inspirer
prochainement d'autres éditeurs. Malgré
le look un peu dépassé, l'interface est
agréable. Le logiciel s'avère stable,
même s'il paraît judicieux de sauvegarder
régulièrement sa scène. L'affichage
ombré/lissé type Open GL est rapide et
agréable (demi transparence). La prise en main
du logiciel est très rapide grâce à
son manuel et à la logique de son interface.
En quelques heures vous pouvez déjà réaliser
des
modèles élaborés.
La
modélisation
La
modélisation est le point fort du logiciel. Deux
approches vous sont proposées : la modélisation
par subdivision de surface et les NURBS. Les subdivisions
sont parfaitement intégrées dans cette
version. Il n'y a pas d'options inutiles mais l'essentiel
pour parvenir à vos fins. Notez que les opérations
booléenes gnèrent des surfaces propres
et uilisables de suite (un soft 3D très réputé
devrait en prendre du galon, si vous voyez ce que je
veux dire...). Vous adopterez rapidement le menu contextuel
modélisation qui vous fera gagner beaucoup de
trajet de souris. Les surfaces de subdivisions sont
particulièrement lisses et très facilement
paramêtrables. On ne peut par contre "couper"
une face, tel qu'on peut le faire avec Max. Les NURBS
sont aussi éfficaces que les surfaces de subdivisions.
Leur affichage est rapide et les objets modélisés
en NURBS peuvent être convertis en polygonnes.
Les
matériaux et le rendu
La
gestion des matériaux n'est pas réellement
intuitive et des matériaux composés tels
qu'ils existent dans Max ne peuvent être appliqués.
Avec un peu de pratique on obtient de bons résultats,
surtout grâce à la qualité du moteur
de rendu - pûr Ray Tracing - qui s'avère
aussi véloce que certains scanline ! A noter
la présence d'un Paint 3D (pour dessiner sur
les surfaces de modèles)
Pour
quel usage ?
Globalement,
le soft développé par RealSoft est excellent.
Comparé à des softs beaucoup plus coûteux
(Max, Maya, Softimage...) il n'a pas à rougir.
Par rapport à de tels softs il est certes moins
complet, mais il est mieux intégré. Les
NURBS et Surfaces de Subdivision sont, par exemple,
bien mieux implantées que dans Max. La rapidité
de réaction du logiciel supporte un grand nombre
d'objets (les professionnels connaissent bien le problème
des scènes trop chargées qui ralentissent
tout l'interface).
Malgré
toutes ses louanges, faut-il conseiller ce soft ? Pour
le web 3D, il s'agit d'un très bon modeleur,
mais la phase de "mise en couleur" (application
des matériaux) est moins agréable que
sous d'autres logiciels (même si elle supporte
de drag and drop). Le principal inconvénient
- de taille - pour une utilisation web est le faible
nombre de formats en sortie (ormis le format propriétaire
du soft il y a le 3DS et DXF). Le VRML est en option
! Dans ces conditions il est très difficile d'envisager
une utilisation pour le web, d'autant plus qu'il n'existe
pas d'optimisation polygonale. Mais pour ceux qui utilisent
déjà Rhino (car ils sont alergiques au
modeleur de Max) peuvent essayer Realsoft, moins complet
mais très puissant en Surfaces de Subdivision.
Pour une utilisation web, espérons que les solutions
web 3D se penchent sur ce soft particulièrement
attachant.
Pour
l'animation et l'image fixe, ce package est excellent.
L'animation n'est pas en reste avec toutes formes de
déformations (lattice, bones...). Son apprentissage
est assez rapide et sa prise en main agréable
avec de l'entraînement. Seul défaut (qui
n'est pas imputable au logiciel) : la mise à
jour de ce package est incertaine étant donné
le succès commercial limité.
Essayez
la version démo
30 jours (env. 10Mo le logiciel + 10Mo le manuel).
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