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PLASMA
PC Windows (juin 2002 . 850€*)

Discreet poursuit sa politique éditoriale qui consiste à proposer des outils de développement adaptés à chaque domaine professionnel. A partir de son logiciel 3DS Max de nombreuses déclinaisons existent désormais : 3DS Max pour le broadcasting, GMax dev pour le développement de jeux vidéo, 3DS Viz pour le design industriel. Plasma vise le marché web.

Plasma distingue essentiellement 3 types d'utilisations pour le web :
-les images/animations précalculées (pour réaliser des habillages de site, logos, avi...)
-l'animation vectorielle au format flash (en mode cartoon ou dégradé)
-l'animation interactive 3D temps réel (Shockwave).

L'interface : l'essentiel de 3DS Max pour le développement web

Pour concevoir Plasma, Discreet est parti de son logiciel 3DS Max auquel il a supprimé toutes les parties jugées inutiles pour le web. On a l'impression d'avoir affaire à un 3DS Max allégé, mais lorsque l'on fouille dans les dossiers on s'aperçoit que Discreet a su conserver l'essentiel. En fait, on retrouve dans Plasma toutes les fonctions de 3DS Max que l'on utilise tous les jours dans le cadre d'un travail pour le web.
Discreet a supprimé certains éléments au niveau du rendu (taille du rendu, pas de raytracing, motion blur, effets atmosphériques...), de la modélisation (pas de HSDS, NURBS ou Patches) ainsi que d'autres fonctions avancées (Active Shade, connexion avec Combustion2, SDK, External References).

Au niveau de l'animation, on retrouve la plupart des fonctions de 3DS Max (cinématique inverse, bones, skinning...). Le célèbre module de physique Havok est intégré au logiciel de Discreet. Il bénéficie de sa propre fenêtre de visualisation (possibilité également de lancer une preview Shockwave 3D).

Le fichier natif de Plasma (.p3d) n'est pas compatible avec celui de 3DS Max. Plasma peut cependant sauver ses compositions dans un format propre et exporter en VRML, DXF, W3D (Shockwave 3D) et AI (Illustrator) et ouvrir des scènes composées sous 3DS Max (.max).

La palette : un clin d'oeil à Photoshop !

La première impression laissée par Plasma est la clareté presque dépouillé de l'interface. Mais en cherchant bien on retrouve les principales commandes et fonctions. La nouveauté la plus frappante dans l'interface est sans aucun doute cette nouvelle ToolBox à la manière de Photoshop. Cette palette flottante est de nature à rassurer les nouveaux utilisateurs (rompus à celle de Photoshop, ou nostalgiques de celle de Strata 3D). Les outils de "tous les jours" y sont représentés par une icône. On adopte rapidement cette nouvelle palette. Dommage que l'on ne puisse pas la personnaliser, ni définir les raccourcis claviers.
On retrouvera également le Quad Menu, qui perd un peu de son importance.

Export web : honneur à Macromedia

Les formats propriétaires de Macromedia sont à l'honneur dans cette version. Le support Flash (compatible MX) a été très soigné. Discreet utilise le moteur Vecta 3D, particulièrement rapide. Pour chaque objet, il est possible de spécifier le mode de remplissage et la taille des contours. Par contre, toujours pas de rendu des textures (il ne faut pas rêver !). C'est pourquoi le rendu Flash d'une scène prévue initialement pour un autre type de rendu est souvent décevant. Il suffit alors d'ajuster certains paramètres de la scène. La taille des fichiers Flash générés reste modérée (dépend de la complexité de la scène).

Le support Shockwave 3D est également excellent. On apprécie la preview (disponible dans l'exporter et le module Havok), l'analyse de la scène (un camembert montre la place occupée par la géométrie, les textures, lumières...). On retrouve également le module multires pour optimiser les maillages et une compression de la géométrie au sein de l'exporter. Nous aurions apprécié le fait que la fenêtre de prévisualisation affiche dynamiquement les modifications afin de voir les incidences de tel ou tel paramètre (réduction de la taille des texture, compression géométrique...). Le résultat de cet export est un fichier W3D et non pas une page HTML et son fichier 3D. Il vous faudra obligatoirement passer par Director.

On peut s'étonner du fait que Discreet n'intègre à son package que les exports web de Macromedia. La version finale devrait cependant intégrer l'exporter Viewpoint. Discreet reste très discret (!) sur le fait que Plasma exporte au format VRML97 (avec les helpers). A croire que le VRML n'est plus un format web 3D ! Non seulement le VRML est le format web 3D historique, mais il est également un excellent format d'échange universel de fichiers 3D.

Les autres acteurs web 3D ne devraient pas tarder à proposer leurs plug-in pour Plasma. Car Plasma a toutes les chances d'être la plate-forme incontournable dans le domaine web 3D, au même titre que 3DS Max.

Des regrets ?

Nos principales regrets concernent l'édition et l'attribution des matériaux. En effet cette fonction n'a subit que très peu de modifications depuis 3DS Max 1, et c'est bien dommage. L'attribution et le positionnement des textures est donc une étape toujours aussi longue et délicate et les aller-retours avec Photoshop restent trop fréquents (à quand le déplacement des calques Photoshop sur la surface d'un modèle ?). L'éditeur de matériaux devrait également indiquer les canaux de textures non supportés par Shockwave 3D. Toujours au niveau des textures, Discreet aurait pu intégrer le calcul et l'attribution automatique de lightmaps (puisque le rendu scanline présent supporte les ombres). Espérons que Discreet renouvelle prochainement son module de shaders/matériaux. Peut-être dans 3DS Max 5.0 ?

En ce qui concerne la programmation des interactions, le tandem Plasma/Director bien que très puissant repose sur la saisie de code Lingo. Nous aurions apprécié que Discreet intègre (un peu à la manière des helpers VRML97) des interactions de base et le mode de navigation. Les outils de développement web3D s'oriente de plus en plus vers le 100% visuel (Building Blocks, Time Line...).

Cette version estampillée 1.0, n'est pas sans défaut à notre avis : Discreet est resté trop modeste dans le domaine des innovations et de l'orientation web du produit. Mais compte tenu du tarif pratiqué par l'éditeur, il est difficile de faire la fine bouche !

Un rapport qualité/prix incroyable !

Discreet frappe très fort avec Plasma ! Son atout principal est sans aucun doute son prix. Avec un tel positionnement tarifaire (moins cher que Photoshop !), Discreet rend la 3D accessible à toutes les agences web. L'éditeur ne s'est pas non plus montré avare en fonctionnalités puisque non seulement l'essentiel a été préservé, mais le logiciel bénéficie d'une interface simplifiée et du module Havok. Sa prise en main est quasi immédiate pour les utilisateurs de 3DS Max qui retrouverons avec plaisir les atouts de ce grand package 3D. Les novices profiterons des didacticiels et de l'immense stock de ressources disponible sur le net.

Discreet s'affiche, plus que jamais, comme leader sur le domaine 3D temps réel. Le surprenant repositionnement tarifaire de Maya changera t'il cet état de fait ?

*date de disponibilité et prix donnés à titre indicatif

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